Revenir à la rubrique : Société

Piton de la Fournaise : l’éruption se stabilise, mais le volcan se recharge

Ecrit par Gaetan Dumuids – le samedi 28 février 2026 à 09H20

L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 13 février, se poursuit sur le flanc sud-sud-est du volcan. Si l’activité reste modérée en surface, les instruments enregistrent depuis quelques jours une légère reprise de l’inflation de l’édifice, signe d’une possible remise en pression du système magmatique.

Deux semaines après le début de l’éruption, l’activité se concentre toujours sur un unique évent éruptif. Les fontaines de lave demeurent visibles depuis le Piton de Bert et le cône formé par l’accumulation des projections continue de se structurer. Désormais fermé latéralement, il atteignait 19 mètres de hauteur sur sa bordure nord-est au 27 février, avec des projections s’élevant d’une vingtaine de mètres au-dessus de son sommet. De nombreux petits éboulements ont été observés à l’intérieur et sur les flancs du cône.

La fermeture latérale du cône a favorisé le développement d’une activité en tunnel de lave en aval. Les résurgences et les parties actives de la coulée se situent en amont du cassé des Grandes Pentes, où le champ de lave s’élargit et s’épaissit progressivement. Le front de coulée reste, lui, figé dans la partie basse des Grandes Pentes, à environ 2,6 kilomètres de la route nationale 2 et à 660 mètres d’altitude.

Lire aussi : Éruption du Piton de la Fournaise : la piste d’une nouvelle fissure s’éloigne

Sur le plan instrumental, l’activité sismique reste faible. En revanche, les mesures du réseau GNSS montrent depuis quelques jours une légère inflation de l’édifice, aussi bien au sommet qu’en champ plus lointain. Cette évolution indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, possiblement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.

Le trémor éruptif, indicateur de l’émission de lave et de gaz, demeure relativement stable et de faible amplitude, malgré des pics ponctuels associés aux variations de dégazage ou aux évolutions morphologiques du cône. Les débits de lave estimés par satellite au cours des dernières 24 heures sont compris entre 1 et 12 m³ par seconde. Depuis le 13 février, environ 8 millions de mètres cubes de lave ont été émis en surface.

À court terme, la faible sismicité rend peu probable l’ouverture de nouvelles fissures éruptives. Toutefois, les premiers signes de re-pressurisation pourraient faire évoluer cette probabilité. Le niveau d’alerte reste maintenu à 2.1.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :