Piton de la Fournaise : la coulée se rapproche encore un peu plus de la RN2

L’éruption du Piton de la Fournaise, survenue le 13 février, se poursuit sur le flanc sud-sud-est du volcan. Les observations scientifiques montrent désormais une inflation de l’édifice, signe d’une remise en pression du système magmatique.
Près d’un mois après son déclenchement, l’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit. Selon le dernier point de situation de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF), un seul site éruptif reste actuellement actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, visible notamment depuis le Piton de Bert.
Le cône éruptif est désormais bien formé et continue de se refermer progressivement. Les projections de lave dépassent désormais rarement sa hauteur. Avec la fermeture latérale du cône, une activité importante en tunnel de lave s’est installée, permettant à la lave de circuler sous la surface.
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Depuis le 3 mars, les coulées sont de nouveau visibles dans la partie haute des Grandes Pentes. Le bras sud de la coulée poursuit sa lente progression vers le bas du volcan. Lundi 9 mars en fin d’après-midi, son front se situait à environ 1,9 kilomètre de la route nationale 2, à une altitude de 478 mètres. Mardi matin vers 5h30, il avait progressé et se trouvait à un peu plus de 1,7 kilomètre de la RN2.
Le bras nord de la coulée, lui, reste figé depuis plusieurs jours. Son front demeure à environ 2,6 kilomètres de la route nationale 2, à une altitude d’environ 660 mètres.
Une inflation du volcan observée depuis fin février
Les instruments de surveillance du volcan indiquent une évolution notable de l’édifice. Comme les jours précédents, l’activité sismique reste faible.
En revanche, les données géodésiques montrent une inflation progressive du volcan. Les stations GNSS situées au sommet et à la base du cône terminal enregistrent depuis la fin du mois de février une augmentation de la distance entre plusieurs points de mesure.
Cette évolution correspond à une ré-expansion progressive de l’édifice volcanique. Pour les scientifiques, elle indique une remise en pression du système d’alimentation magmatique, probablement liée à une recharge en magma du réservoir superficiel.
Sur les dernières vingt-quatre heures, le trémor volcanique — indicateur de l’émission de lave et de gaz — est resté relativement stable. Sur une période plus longue, son amplitude montre toutefois une augmentation progressive depuis le 21 février.
Les estimations réalisées à partir des données satellites indiquent par ailleurs que les débits de lave restent modérés, avec des valeurs inférieures à 8 mètres cubes par seconde au cours des dernières vingt-quatre heures.
Une ouverture de nouvelles fissures reste possible
Dans leur bilan, les volcanologues estiment que la probabilité d’ouverture de nouvelles fissures éruptives reste faible à court terme en raison de la faible activité sismique observée.
Mais les signes de remise en pression du système volcanique pourraient augmenter cette probabilité dans les prochaines semaines. Les scientifiques rappellent également que, par le passé, certaines fissures éruptives se sont ouvertes sans signaux sismiques précurseurs, notamment lorsque le magma circule à faible profondeur et est déjà dégazé.
L’éruption reste pour l’instant maintenue au niveau d’alerte 2-1, correspondant à une éruption en cours dans l’Enclos Fouqué.


