[Pierrot Dupuy] Le gaspillage de l’argent public continue de plus belle

Je vais revenir ce matin, une fois de plus, sur le gaspillage de l’argent public dans certaines SEM de l’ile, et sur ce que je vais pudiquement appeler « les compléments de salaires » que se versent certains élus.
L’idée de cet édito m’est venue à la lecture d’un article du Quotidien d’hier, révélant que les élus membres du conseil d’administration de la SOGEDIS s’octroyaient des indemnités d’un montant de 220.000 € tous les ans, alors même que la société accuse un déficit de plus de 15 millions d’euros !
220.000 €, c’est cinq fois l’enveloppe dévolue aux conseils d’administration des 5 autres SEM de l’ile, nous révèle le journal, alors même que la SOGEDIS est l’une des plus modestes.
Mais ce n’est pas tout. On apprend au passage que les salariés de cette SEM bénéficiaient jusqu’à il y a peu d’un 13ème et même d’un 14ème mois !
A ce stade, il est nécessaire je pense, de rappeler qu’il s’agit là d’argent public ! La SOGEDIS est détenue majoritairement par la CASUD, avec près de 57% du capital, ce qui explique que son président soit Patrick Lebreton, le maire de Saint-Joseph.
De dire aussi que tout cet argent détourné, n’ayons pas peur des mots, au profit des élus et des salariés, c’est autant d’argent qui ne sera pas utilisé pour construire des logements sociaux, ce qui est quand même la vocation première de cette SEM.
Combien de logements aurait-on pu construire tous les ans avec les 220.000 € d’indemnités versées aux élus ? Avec les 320.000 € de 14ème mois versés aux salariés ?
L’occasion aussi pour moi de redire, pour la énième fois, qu’il serait temps qu’on mette fin à cette immense hypocrisie de ces « compléments d’indemnités » que se versent les élus.
Oui, je le répète, même si ça ne plait pas à certains, les élus ne sont pas suffisamment indemnisés pour les fonctions qu’ils occupent. Il n’est pas normal que certains maires ne touchent qu’un peu plus de 1.000 € par mois pour une fonction qui les occupe plus qu’à temps plein.
J’entends certains Gilets jaunes dire que c’est déjà trop. Il faut bien qu’ils mesurent le risque d’une telle position. Si on les écoutait, on courrait le risque de ne voir que des personnes fortunées, pour qui ces 1.000 € seraient une sorte d’argent de poche, postuler pour devenir maires.
En métropole, une part importante des maires actuels a déjà fait savoir qu’ils n’avaient pas l’intention de se représenter l’an prochain.
Et on courrait aussi le risque de voir les personnes diplômées et qualifiées se détourner de la politique, car pas assez rémunératrice. Préférant aller dans le privé, où leurs compétences seront mieux rétribuées.
Sans parler du risque de voir des élus peu rémunérés succomber plus facilement à la tentation de la corruption.
C’est donc une totale refonte de la fonction d’élu qu’il faut réaliser. Augmenter sensiblement le montant de leurs indemnités, qui sont actuellement sans rapport avec leurs responsabilités, mais en même temps interdire ces « compléments de revenus » qu’ils s’octroient au travers de postes plus ou moins fictifs qui ne nécessitent que quelques heures de travail par mois, et pour lesquels ils s’octroient discrètement parfois plusieurs milliers d’euros.
D’où l’intérêt de ce qu’a proposé Didier Robert : Un homme, une fonction, un mandat. Dommage que rares aient été les élus à le suivre…


