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Pic de trafic à Roland Garros : 345.000 passagers attendus pour cette fin d'année

Ecrit par Julien Delarue – le vendredi 19 décembre 2025 à 11H39

Du 19 décembre 2025 au 18 janvier 2026, l’aéroport La Réunion Roland-Garros active un dispositif “haute saison” face à une affluence annoncée en forte hausse. Son président du directoire, Thomas Dubus, évoque une progression de 10% par rapport à 2024, portée surtout par des taux de remplissage très élevés.

L’été austral s’annonce dense sur le tarmac de Sainte-Marie. “On attend 345 000 passagers” sur la période des fêtes, avec “une augmentation forte, 10% en plus par rapport à 2024”, détaille Thomas Dubus, président du directoire de l’aéroport depuis septembre dernier.

Des avions remplis à 80%

Selon lui, la pointe est “de plus en plus marquée”, concentrée sur “cinq semaines chargées”, avec des journées nettement au-dessus du lot : “jeudi, samedi et dimanche”, auxquelles s’ajoutent “quelques dates ponctuelles comme le 23 décembre”. À cette saison, le créneau du matin pèse lourd : des vols supplémentaires sont programmés “principalement le matin”, ce qui renforce l’effet d’entonnoir aux heures de départ.

La particularité de cette fin d’année, c’est aussi le niveau de remplissage. Thomas Dubus parle d’appareils “de l’ordre de 80%” en moyenne, “sur certains vols” carrément “plein à 100%”. “C’est rare dans ce domaine d’activité”, insiste-t-il, y voyant un marqueur du “dynamisme du trafic” sur cette période.

Thomas Dubus, président du directoire et Willy Ethève, directeur développement et relations clients au sein de l'Aéroport Roland Garros

“Ne soyez pas surpris de ne pas pouvoir accéder à toutes les zones”,

Conséquence immédiate : l’aéroport va restreindre l’accès à certaines zones, et prévient d’emblée les familles venues accompagner un départ. “Ne soyez pas surpris de ne pas pouvoir accéder à toutes les zones”, glisse-t-il. Concrètement, l’accès à la zone d’enregistrement sera réservé “uniquement aux passagers” sur certains créneaux pour “fluidifier la circulation et le traitement de leurs bagages de soute”. Deux secteurs sont concernés : la zone d’enregistrement, et l’espace “Peace and Fly”, juste avant les contrôles, là où “les passagers se disent au revoir habituellement”.

Dans le détail, l’aéroport annonce une restriction de 4h45 à 10h30 à plusieurs dates pendant la période, avec des exceptions prévues, notamment pour les accompagnants de personnes à mobilité réduite, personnes âgées et enfants voyageant seuls (un accompagnant autorisé). Les clients venant acheter un billet dans une agence de compagnie pourront aussi accéder au secteur, ces agences “continuent leur activité de manière normale”.

Derrière cette hausse de 10%, Thomas Dubus distingue deux moteurs sur l’ensemble de 2025 : “un effet remplissage et un effet offre… à parts égales”. Mais pour les seules fêtes de fin d’année, il tranche : “c’est uniquement un effet remplissage”, l’offre de vols étant “stable par rapport à l’année dernière”. “On a la chance et la faiblesse d’avoir des avions qui sont très pleins : si l’on veut pouvoir continuer à croître, il va nous falloir tout simplement plus d’avions pour accompagner la demande”, résume-t-il.

“On ne vend pas l’aéroport, on vend le territoire

C’est là que se joue, selon la direction, le travail de fond : attirer des capacités et de nouvelles dessertes dans un marché devenu très compétitif. “Il y a beaucoup plus de demandes d’aéroports que d’offres de la part des compagnies”, explique Thomas Dubus, qui décrit le rôle de la plateforme comme celui d’un “VRP” du territoire : connaissance fine des flux, argumentaires, et “attractivité” mise en avant. “On ne vend pas l’aéroport, on vend le territoire”, en insistant sur un travail collectif avec les acteurs du tourisme, de l’économie et du fret.

Même logique côté développement aéronautique. Willy Ethève, en charge de ces sujets, pointe un facteur qui dépasse La Réunion : “un embouteillage aujourd’hui auprès des constructeurs”, avec des “carnets de commandes” pleins. Dans ce contexte, les compagnies “regardent les destinations” les plus rentables, et l’île doit “se positionner” et gagner en visibilité “à l’international”. Il prévient aussi sur les délais : “faire venir une compagnie aérienne, ça prend plusieurs années… on parle de 8 à 9 ans” entre la première prise de contact et l’ouverture d’une ligne, même si cela peut parfois aller plus vite. D’où, dit-il, le renforcement des équipes et des outils pour mieux “cartographier les flux” et bâtir des dossiers solides.

Lire aussi : Durban – Pierrefonds : une nouvelle ligne annoncée, premier vol le 27 février

En attendant, l’aéroport rappelle les consignes de bon sens pour éviter d’ajouter du stress à une période déjà chargée : enregistrement en ligne, arrivée anticipée, et vigilance absolue sur les bagages.

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