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Perdus de vue : Pénurie de profs d’EPS

Et pourtant 22 étudiants en master 2 à la Réunion ont réussi les épreuves du concours pour devenir, s’ils réussissent les épreuves d’admission, professeurs d’EPS. Quel vivier pléthorique pour assurer cette mission obligatoire du service public d’éducation. Sauf que faute de moyens à l’université, ils sont livrés à eux-mêmes pour préparer des épreuves sélectives difficiles. […]

Ecrit par – le mardi 26 avril 2011 à 16H24

Et pourtant 22 étudiants en master 2 à la Réunion ont réussi les épreuves du concours pour devenir, s’ils réussissent les épreuves d’admission, professeurs d’EPS. Quel vivier pléthorique pour assurer cette mission obligatoire du service public d’éducation. Sauf que faute de moyens à l’université, ils sont livrés à eux-mêmes pour préparer des épreuves sélectives difficiles. Notre syndicat, le SNEP (Syndicat National de l’Education Physique) va mobiliser bénévolement des professeurs ressources pour les préparer. Cette solidarité vient de notre histoire qui nous met à égalité avec les autres disciplines et qui vaut également pour les professeurs stagiaires qui connaissent des difficultés flagrantes au niveau didactique car leur formation est tronquée par une mise en situation directe devant les élèves. Si notre syndicat n’agit pas, que vont acquérir les élèves, seront-ils en sécurité dans les activités physiques sportives et artistiques que les programmes nationaux nous imposent : par exemple savoir gérer une classe en escalade ou en gymnastique ?

La sagesse rectorale prévaut : 30 collègues partent à la retraite, ils sont remplacés par 5 professeurs alors que le nombre d’élèves reste stable. Une logique comptable implacable qui permet à plus de 20 contractuels précaires d’exercer le métier. Eux au moins ils sont surs de rester à la Réunion mais seront-ils tenter de passer un concours interne qui les enverra à Versailles ou à Créteil, originaires ou non, CIMM (centre des intérêts matériels ou moraux) ou non ! C’est ce qui arrive à 9 collègues titulaires qui passaient la barre d’originaire et qui connaîtront le doux hiver métropolitain l’année prochaine et à d’autres ayant un fort barème.

Il y a actuellement plus de 50 postes vacants pour la prochaine rentrée et il en restera une trentaine à l’issue des mutations. Nous aurons 2% de titulaires remplaçants au lieu de 6% que recommande le ministère.

Dès le début avril notre « stock » de précaires a été épuisé à tel point que le rectorat a fait appel à un retraité pour effectuer un remplacement. Et aujourd’hui de nombreuses classes sont sans professeur d’EPS, discipline à part entière qui joue un rôle non négligeable dans tous les examens.

A la rentrée, on peut prévoir sans équivoque la situation d’aujourd’hui avec épuisement des titulaires remplaçants et des contractuels. Impossibilité de faire appel à pôle emploi puisque nous n’avons pas assez de jeunes formés. D’où des classes sacrifiées en EPS dès le mois de septembre. A moins que Monsieur le Recteur soit un magicien, la pénurie va s’amplifier et nous pensons fermement que les parents auront tout leur mot à dire dans cette grave carence de l’Etat et du Service Public d’Education : une pénurie qui ne nous fait pas rire !

Philippe MANENC, Secrétaire Académique du SNEP FSU REUNION

 

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