Patrick Savatier interpelle Manuel Valls

En tant que Président d’une association, nous sommes confrontés tous les jours à des demandes de populations en grandes difficultés : logement, alimentaire, judiciaire,…
Pour répondre à ces demandes et proposer davantage à ces personnes, nous avons recours à des emplois aidés tels que des CAE, CUI,…
L’objectif de ces contrats est double : répondre à leur besoins élémentaires et leur offrir l’opportunité d’insertion professionnelle au travers d’actions de formation OBLIGATOIRES. Nous sommes passés de contrat communaux (C.E.S) "sans valeur ajoutée" à des contrats offrant une véritable chance d’INSERTION aux bénéficiaires.
Nous apprenons cette année que les formations ne seraient plus financées ? Quelle aberration.
Qu’avons-nous aujourd’hui :
- des contrats avec obligation de formation et des financeurs qui n’ont plus de fonds pour financer la formation
- le POLE EMPLOI qui refuse de débloquer des quotas de contrat aidés s’ils n’ont pas de garantie de financement de formation
- des personnes en contrats aidés qui s’étaient engagés ou devaient s’engager vers des parcours de formation
- des centres de formation qui ne tournent plus et qui à leur tour vont alimenter le nombre de chômeur
- des demandeurs d’emplois en attente de contrat d’insertion et qui doivent faire face à leurs difficultés sans moyens nécessaires
Au lieu d’avancer, on revient en arrière. Elle était bien la belle époque sauf qu’entre-temps le chômage a augmenté, le cout de la vie a augmenté et rien ne sera plus pareil. Alors messieurs les politiciens, réfléchissez et prenez des décisions de bons sens et non des restrictions budgétaires qui ne veulent rien dire et qui nous engagera certainement vers une nouvelle ère de conflit social peut être plus dur que d’autres ne l’ont été.
Le contrat unique d’insertion a pour objet de faciliter l’insertion professionnel des personnes sans emploi et qui rencontrent des difficultés sociales et professionnelles d’accès à l’emploi. Pour cela le levier de formation est un outil indispensable et adapté. La réforme de la formation professionnelle touche et porte donc atteinte à cette catégorie de personnes déjà touchées par la précarité
NOTE : Le réforme du 05 Mars 2014 sur la formation professionnelle touche de plein fouet les 650 centres de formation que compte La Réunion. En effet cette réforme a des conséquences néfastes sur l’outil de formation qui contraint les dirigeants de centre à réduire leur effectif voir fermer leur porte. (Exemple : Un centre de formation emploi en moyenne 7 à 10 salariés en CDI et le double en consultants ou intervenants indépendants directement liés à la formation et/ou l’ingénierie de formation)
Sur le secteur non marchand cette décision a un réel impact social tant sur l’insertion professionnelle que sur les bénéficiaires (publics en difficulté et sans diplôme) qui dans le cadre de leur contrat (CUI-CAE ou Contrat d’avenir) se voient privés d’une possibilité de formation, vrai tremplin à une insertion sociale et professionnelle.
Sur le secteur marchand la destruction de cet outil se ressent également. En effet, la plupart des contrats de professionnalisation (4000 contrats de professionnalisation) sont le fruit du travail des centres de formation qui participent activement à l’insertion des futurs stagiaires sur le marché du travail.
Il est indispensable pour le développement professionnel de ces jeunes de disposer de ressources optimales et de qualité. La réforme vise nettement les plus démunis et impacte l’offre de formation proposée à ce public de contrats aidés qui ne peuvent plus bénéficier de cette opportunité d’évolution.
Par ailleurs elle vise également les centres de formation qui ces dernières années, ont dû investir dans des plateaux techniques onéreux afin de développer l’offre de formation et qui ont joué le jeu de la transparence et de la qualité des services contrairement à certains centres qui se sont créés uniquement par opportunité et qui ne mesurent pas le poids d’une telle réforme sur l’activité économique réunionnaise.
La formation est morte vive la République !
Patrick Savatier Président de Momon Papa lé là


