Patrick Profilon repart en prison après avoir menacé les élus de La Possession

Il a un casier judiciaire déjà bien rempli et venait d'être remis en liberté. Patrick Profilon retourne à la case "prison", condamné ce jour, en comparution immédiate, pour avoir proféré des menaces à l'encontre des élus de la mairie de la Possession.
Représentant la municipalité, le premier adjoint, Robert Tuco, était présent ce vendredi matin: "C'est moi qui l'ai reçu avant le conseil pour une prise de rendez-vous dans les jours suivants. Emotif et nerveux, il a commencé à s'emporter et à proférer des menaces. Il est revenu plus tard, pendant le conseil municipal cette fois. Il s'est mis à menacer tous les élus", raconte-t-il.
Patrick Profilon fait peur. Et à la mairie, depuis le 24 septembre, l'ambiance n'est pas au beau fixe. "C'est une situation exceptionnelle mais qui, sur le vif, inquiète les agents communaux", confirme Robert Tuco. Dans un courrier anonyme qui nous a été adressé ce jour, on reproche au cabinet du maire d'avoir barricadé les étages ne se souciant pas des employés de mairie se trouvant au rez-de-chaussée.
Contacté, le cabinet confirme que des boutons d'alarme ont été installés au sein de la municipalité, non vis-à-vis de Patrick Profilon, mais "pour assurer une meilleure sécurisation des lieux, ce projet avait été initié préalablement". C'est ce qui a été expliqué aux employés inquiets, hier matin: "Ils avaient besoin d'avoir toutes les informations", et concernant le cas de Patrick Profilon, "nous leur avons bien dit que la police municipale et la gendarmerie sont en alerte".
Une interdiction de séjourner sur la commune de la Possession qui passe mal
La décision de justice de ce jour devrait participer un peu plus à un retour à l'apaisement à la mairie de La Possession. La juge a décidé de suivre les réquisitions du procureur général condamnant Patrick Profilon à une peine de 2 ans d'emprisonnement dont 12 mois fermes. La mairie de La Possession a symboliquement demandé 100 euros de dommages et intérêt.
Pour l'avocat de la défense, Me Florent Malet, "mon client s'emporte, c'est vrai, mais ce ne sont souvent que des paroles en l'air. Toutes les portes lui sont fermées, il ne demandait finalement qu'à travailler". Mais la juge est allée plus loin en prononçant une interdiction de séjour sur la commune de la Possession, annonce que Patrick Profilon a aussitôt commenté: "Madame le juge, c'est ma commune. J'y retournerai et j'irai à la mairie pour demander des explications".
L'affront n'a pas beaucoup plus au tribunal qui n'a pas hésité à évoquer la probabilité d'un jugement devant les Assises s'il venait à l'idée de Patrick Profilon de défier encore la justice. A la sortie du tribunal, la femme du prévenu avait bien du mal à digérer l'idée de devoir quitter un territoire sur lequel elle réside "depuis 44 ans".


