Parricide de Grand-Galet : l’auteure déclarée pénalement irresponsable

Trois ans après le meurtre du Saint-Joséphois Jean-Yves Grondin par sa propre fille, la cour d’appel a constaté l’irresponsabilité pénale de l’auteure, atteinte d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement.
Coupable mais pas responsable. Dans un arrêt en date du mardi 4 novembre, la cour d’appel de Saint-Denis a déclaré irresponsable pénalement M-D., une quadragénaire mise en examen pour avoir tué son père, Jean-Yves Grondin, 68 ans, le 17 septembre 2022 à Saint-Joseph.
Hospitalisation sous contrainte
Les magistrats de la chambre de l’instruction ont suivi les réquisitions du parquet général à l'audience du 28 octobre, s’appuyant sur les expertises psychiatriques menées durant l’enquête et ayant conclu à une abolition du discernement de la suspecte au moment des faits.
Reconnue inaccessible à une sanction pénale, l’auteure de ce parricide fera en revanche l’objet d’une mesure d’hospitalisation complète sous contrainte en unité psychiatrique mise à exécution par le préfet. Il lui est en outre interdit de reparaître au domicile de ses parents, d’entrer en contact avec les parties civiles et de détenir une arme, et ce pour une durée de 15 ans.
Trouble bipolaire
Une décision attendue compte tenu de l’avis des psychiatres, ayant, dès sa garde à vue, identifié chez la mise en cause « un trouble bipolaire non traité » comme étant à l’origine de la crise survenue cette nuit-là au domicile du couple Grondin à Grand-Galet. La quadragénaire, en proie à des crises d’angoisse et d’insomnie, s’était armée d’un couteau pour aller dans sa chambre. Quand ses parents avaient voulu la désarmer, elle avait alors frappé son père à l’abdomen. Un coup qui devait s’avérer fatal.
Mais la famille de la suspecte n’a jamais cru à la thèse de la maladie mentale, considérant que celle-ci « a joué un jeu » visant à la faire passer pour folle, alors qu’elle aurait, selon ses proches, agi par jalousie envers ses autres sœurs.
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"Déficit d'information du public"
« Mes clients sont forcément déçus de cette décision, même s’ils sont rassurés de savoir qu’elle sera hospitalisée sous contrainte » a commenté leur avocate Me Emma Delaunay, contactée par Zinfos974.
Pour la défense en revanche, cette déclaration d’irresponsabilité était la décision qui s’imposait. « Cette affaire met en lumière un déficit d’information du public réunionnais en matière de prise en charge des troubles mentaux », estime Me Clotilde Pauvert.
« Il faut savoir qu’il est possible d’appeler aussi le 15 pour les urgences psychiatriques », rappelle l’avocate, souhaitant que « la population soit mieux informée des moyens de déclencher un suivi psychiatrique pour éviter qu’un drame de ce type survienne à nouveau. »


