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Par-delà la ciel, le soleil et la mer, François Deguelt, un amoureux de La Réunion

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 24 janvier 2014 à 10H18

Bien sûr, on connaissait surtout de lui « Le ciel, le soleil et la mer », très beau tube des années 60 sur lequel tous les orchestres de bal se sont fait les dents, chanson toujours appréciée aujourd’hui. Les jeunes générations le savent moins, François Deguelt avait composé un de ses plus beaux poèmes avec ses souvenirs de tournée.

Il était venu chez nous à la fin des sixties pour quelques concerts, notamment dans le sud. Manque de bol, le radier de la rivière Saint-Etienne avait subi des dégâts suite à un coup de mauvais temps. Qu’à cela ne tienne, Deguelt avait retroussé ses pantalons et traversé les flots à pinces. Quelques potes locaux avaient transbahuté les instruments à dos d’homme, d’une rive à l’autre, car le chanteur ne voulait pas décevoir son public de Saint-Pierre et de La Ravine. Sympa, non ?

Quelques mois plus tard, heureux de l’accueil et de l’engouement créoles, il enregistrait « On ne s’en va jamais des îles ». Il y disait, entre autres (je cite de mémoire) :
« On ne s’en va jamais des îles
« On s’en éloigne un peu c’est tout
« Il fait si froid dans cette ville
« Et là-bas il faisait si doux
« Ici on vit dans la grisaille
« Les gens ne pensent qu’à l’argent
« Et pendant que ces fous travaillent
« Là-bas on laisse filer le temps
(…)
« Et la montagne scintillante
« Les enfants nus au grand soleil
« L’infini des plages dormantes
« Dix mille étoiles dans le ciel
« Adieu mes amis de Saint-Gilles
« De Saint-Pierre de La Réunion
« Je vous dis à bientôt mes îles
« Un jour nous nous retrouverons ».
C’est beau, doux, simple sans être simpliste.

François Deguelt était un vrai grand crooner, de ceux que l’on appelle un peu trop vite « chanteurs de charme » avec une nuance de condescendance. Depuis l’époque des Jean Sablon, André Claveau et autres André Dassary, stars incontestées des années 50, la France n’a plus jamais rendu l’hommage qu’ils méritaient à ses crooners. Elle a oublié Deguelt, méprisé Lucky Bondo, expédié Marchand chez Burma (c’est le seul qui s’en sorte bien)…

Deguelt, comme beaucoup de poètes, a fini sa vie sur son voilier. A bord de ce dernier, il vogue maintenant vers le paradis des crooners, Sinatra, Dean Martin, Crosby… et Elvis, rocker ET crooner. De toute façon, nous on aime.

Bon sillage, le poète !

Jules Bénard, Harry Pitou, Dédé et tous ses amis de La Réunion.

 

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