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Papangue : bientôt l'extinction pour le dernier rapace endémique de La Réunion ?

Ecrit par T.L. – le mardi 15 avril 2025 à 06H42
Photo SEOR.

La SEOR lance un appel aux bénévoles pour une opération de recensement des derniers couples de papangues, qui aura lieu du 15 mai au 15 juin prochains. Le Busard de Maillard, dernier rapace endémique de l'île, pourrait bientôt être classé comme une espèce en danger critique d'extinction.

En vingt ans, La Réunion a perdu la moitié de ses effectifs de papangues, estimés à environ 200 couples aujourd'hui. « Avant, il était considéré comme une espèce nuisible, voire comme une vermine », souligne Pierrick Ferret, chargé de mission sur les actions d'études et de conservation du papangue à la Société d'études ornithologiques de La Réunion (SEOR).

Même s'il arrive encore que le rapace soit pris pour cible par des possesseurs de fusils à plomb, le Busard de Maillard est surtout désormais victime des pesticides présents dans les rats, sa principale proie avec les reptiles ou les oiseaux. Il arrive aussi que le papangue soit heurté par des véhicules, son mode de chasse en rase-motte l'exposant aux chocs.

Du fait du déclin de l'espèce, le papangue affronte aussi « un problème génétique de consanguinité, qui peut entraîner un affaiblissement du système immunitaire ». À Maurice, en marge du projet de réintroduction du Dodo, des recherches scientifiques visant à lutter contre l'appauvrissement génétique du pigeon rose, une espèce endémique menacée d'extinction, ont été récemment évoquées.

« Le Busard de Maillard est une espèce protégée par arrêté ministériel depuis 1989, et son statut actuel est celui d'espèce en danger d'extinction. C'est le statut avant celui d'espèce en danger critique d'extinction, lequel précède le statut d'espèce au stade de l'extinction », résume Pierrick Ferret.

La SEOR cherche des bénévoles pour compter les papangues

Du 15 mai au 5 juin prochain, la SEOR va lancer une nouvelle campagne de recensement de la population de papangues. Les résultats seront ensuite analysés puis compilés avec les données recueillies l'année dernière, afin de pouvoir établir une cartographie la plus fidèle des couples encore vivants.

Pour limiter la marge d'erreur, les campagnes de recensement de la SEOR se déroulent sur deux années consécutives et sont renouvelées tous les cinq ans. A chaque fois, l'association a recours à de nombreux bénévoles pour gonfler ses effectifs, selon « un protocole de science participative » désormais bien rôdé.

Lire aussi : SEOR : nombre record d’animaux pris en charge en 2024

Pour le recensement des papangues du mois prochain, les candidatures doivent se signaler à la SEOR (au 0262 20 46 65) jusqu'au 20 avril. « L'an dernier, les formations qui avaient été effectuées pour le recrutement de bénévoles avaient permis de toucher environ 150 personnes. On sollicite aussi des partenaires professionnels comme les agents du Parc national, et il y a des personnels de la SEOR qui participent de manière bénévole », détaille Pierrick Ferret.

Selon le chargé de mission de la SEOR, plus d'une centaine de personnes a déjà répondu à l'appel, dont une quarantaine de bénévoles déjà présents l'an passé. « C'est une manière de sensibiliser les gens, de leur faire reprendre en main les problématiques pour qu'ils s'investissent dans la préservation des espèces locales. Mais c'est aussi une force de frappe importante pour nous, il faut le reconnaître. Cela coûterait beaucoup plus cher sinon », convient-il.

Etiquettes : Environnement | SEOR

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