"Objectifs ambitieux, gouvernance renforcée": L’ARS muscle la lutte contre le diabète et l’obésité à La Réunion

Diabète, obésité : l’alerte est rouge à La Réunion. Avec des taux deux fois supérieurs à l’Hexagone, l’île fait face à une urgence sanitaire durable. L’ARS dégaine un nouveau plan 2025-2028 pour tenter d’enrayer l’épidémie et éviter l’explosion des complications.
Le constat est sans appel. À La Réunion, le diabète touche 13,6 % des 18-85 ans, soit deux fois plus que dans l’Hexagone. L’obésité concerne près d’un adulte sur cinq et un adolescent sur dix. Face à cette situation qualifiée d’« enjeu majeur de santé publique », l’Agence régionale de santé (ARS) lance officiellement le Programme Réunionnais de Nutrition et de lutte contre le Diabète et l’Obésité (PRNDO) 2025-2028.
Présenté ce jeudi 12 février lors d’un séminaire réunissant près de 200 acteurs institutionnels, professionnels de santé et représentants associatifs, ce nouveau plan entend structurer une réponse plus coordonnée et élargie que le précédent programme, centré principalement sur le diabète.
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À La Réunion, le diabète apparaît plus tôt qu’ailleurs : l’âge moyen du diagnostic est de 48 ans. Les complications sont lourdes : maladies cardiovasculaires, insuffisance rénale, amputations, cancers. Des pathologies qui pèsent non seulement sur le système de santé, mais aussi sur les familles et le tissu économique local.
Pour l’ARS, l’amélioration de la santé nutritionnelle passe par la prévention, le dépistage précoce et un meilleur accompagnement des patients. Le tout inscrit dans le Projet Régional de Santé 2023-2033.
Une étape supplémentaire
Pour Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’ARS La Réunion, « c’est une étape supplémentaire pour cet enjeu sociétal essentiel. Ce plan d’action pluriannuel doit nous permettre de mieux lutter contre l’obésité et le diabète. L’ARS mobilise déjà près de 3 millions d’euros par an. L’objectif est clairement de contenir l’épidémie. »
Le directeur général insiste sur la nécessité de s’inspirer d’expériences menées ailleurs. « On peut notamment prendre exemple sur ce qui a été fait dans d’autres territoires, comme en Franche-Comté. Grâce à des actions locales, avec comme partenaires principaux les soignants du quotidien, ces territoires ont pu diviser de moitié le nombre de passages aux urgences de patients souffrant de ces maladies chroniques et par deux le nombre d’hospitalisations. »
Le PRNDO succède au Programme Réunionnais Nutrition Diabète (PRND) 2020-2024. Ce dernier avait notamment permis le déploiement de l’opération Dépist Out Diabète, ainsi que des actions de promotion de l’activité physique et de l’alimentation équilibrée.
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Mais les indicateurs restent préoccupants. D’où la volonté d’élargir le périmètre à l’obésité et de renforcer la gouvernance. L’ARS parle d’« objectifs ambitieux et une gouvernance renforcée pour agir de manière concertée, efficace et durable ».
En parallèle du plan d’action, une enquête d’ampleur a été lancée. « Une grande enquête a également été lancée avec déjà plus de mille patients enregistrés. Nous voulons atteindre 2000. Cela va nous permettre également d’avoir des chiffres sur la prévalence de l’obésité, le prédiabète et le nombre de cas non diagnostiqués », précise Jean-Jacques Coiplet.
Des données locales jugées indispensables pour affiner les politiques publiques et adapter les parcours de soins aux réalités du territoire.
Huit axes stratégiques
Premier axe : agir sur les déterminants de la santé nutritionnelle. Cela passe par l’amélioration de l’offre alimentaire en restauration collective, dans les camions-bars ou via le Nutri-Score. Le développement du sport-santé est également mis en avant, avec les Maisons Sport-Santé et le sport sur ordonnance.
Deuxième et troisième axes : structurer les parcours pédiatriques du diabète et de l’obésité. L’objectif est clair : dépister plus tôt, mieux orienter, mieux accompagner les familles.
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Chez l’adulte, le plan prévoit un parcours gradué pour l’obésité sur trois niveaux de recours, ainsi qu’un renforcement du dépistage et de la prise en charge du prédiabète et du diabète de type 2. Des dispositifs comme RunPrédiabète, RunDiabète ou encore les programmes d’éducation thérapeutique sont intégrés dans cette stratégie.
Le PRNDO met aussi l’accent sur la recherche et l’observation, afin de produire des données locales permettant d’ajuster les politiques publiques. Une stratégie de communication ambitieuse est annoncée pour promouvoir les repères du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et améliorer la visibilité des actions engagées.
L’ARS ne sera pas seule. Treize partenaires institutionnels ont signé une convention pour mettre en œuvre le programme : Région, Département, Académie, DAAF, DRAJES, DEETS, CGSS, CAF, Université, Mutualité, France Assos Santé et Association des maires, entre autres.
Un comité de pilotage, huit comités techniques thématiques et un comité d’experts assureront le suivi et l’évaluation du programme jusqu’en 2028.


