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NRL: Le collectif pour la protection de la ravine des Lataniers répond à la Région et à la mairie de la Possession, les Réunionnais ont droit à la vérité !

Nous avons lu dans les journaux ces derniers jours beaucoup d’interviews de « nos » élus concernant la Nouvelle Route du Littoral (NRL) et avons été choqués du nombre d’erreurs et de contre-vérités que nous avons pu y lire ! Sans être totalement opposés au projet NRL, car conscients du problème de sécurité de la RL actuelle, c’est […]

Ecrit par zinfos974 – le mardi 25 juin 2013 à 11H52

Nous avons lu dans les journaux ces derniers jours beaucoup d’interviews de « nos » élus concernant la Nouvelle Route du Littoral (NRL) et avons été choqués du nombre d’erreurs et de contre-vérités que nous avons pu y lire !

Sans être totalement opposés au projet NRL, car conscients du problème de sécurité de la RL actuelle, c’est le choix de la variante Digue + Viaduc qui reste incompréhensible car clairement plus impactant sur le long terme que la variante tout viaduc !

A MONSIEUR DIDIER ROBERT : NON, TOUS LES FEUX NE SONT PAS AU VERT !

Dans un article de presse du 12 juin 2013 M. Didier ROBERT affirmait « Aujourd’hui tous les feux sont au vert pour que les travaux démarrent en septembre. »

C’est passer totalement sous silence les avis défavorables des 8 décembre 2011 et 23 mai 2013 du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel de la Réunion (CSRPN).

1- Des aspects techniques et budgétaires loin d’etre réglés

Dans cet article du 12 mai 2013 M. Didier ROBERT « affirme de manière très claire que depuis 2010 toutes les procédures techniques, budgétaires et administratives ont été menées pour que les travaux puissent débuter en septembre 2013 » et qu’en résumé « les aspects techniques et budgétaires sont réglés. »

Or s’agissant des carrières que la Région souhaite ouvrir ou rouvrir pour l’approvisionnement en roches massives du chantier (Ravine des Lataniers à la Possession, Bellevue à Saint-Paul notamment),  les études d’impact ne font que commencer.

Le CSRPN indique clairement que les valeurs présentées sont « incertaines » et « les besoins sont sous-estimés (0,8 Mm3) car ceux du viaduc (0,23Mm3) ne sont pas pris en compte. Les importations de ce type de matériel seront donc importantes (40 à70% des gros enrochements). »

Et ces importations ne sont pas prévues au budget de la NRL pour le moment !

En résumé les aspects techniques et budgétaires ne sont pas réglés !

2- Des études manquant de rigueur selon l’avis du CSRPN:

Dans un article de presse du 12 mai dernier , Monsieur Bernard Chiesa, Directeur en charge du projet NRL pour le compte du Groupe de Conseil et d’ingénierie EGIS affirme qu’ « une étude pointue de plus d’un an, océanographique et météorologique a démontré que ni la Digue, ni le viaduc ne modifieront l’action des embruns marins sur l’écosystème des falaises » et que l’impact serait limité sur les mammifères marins.

Ce n’est pourtant pas ce qui ressort de l’avis du CSRPN rendu le 23 mai  qui considère que l’impact sera FORT sur le grand Dauphin de l’indo-pacifique (Espèce protégée) et que l’étude sur les embruns comporte « de gros manques, des insuffisances dans l’analyse et l’interprétation des quelques données de terrain. Ces approximations proviennent probablement d’une insuffisance dans l’exploration terrain de la falaise. Or pour vérifier des modèles mathématiques, rien ne vaut la vérité du terrain. »

Les termes « insuffisances » et « approximations » font peur à l’échelle du projet !

3- Des impacts environnementaux certains et parfois même irréversibles

Monsieur Didier ROBERT affirme que «  60 millions d’euros seront consacrés à la restitution de l’environnement naturel dans son état initial après l’achèvement des travaux. »

Mais il faut être conscient que si ce chantier est réalisé tel que souhaité par la Région, jamais il ne sera possible de restituer l’environnement naturel dans son état initial !

Les 60 millions d’euros ne ramèneront jamais à la vie les espèces protégées, voire en voie de disparition qui auront été décimées, ni les paysages sacrifiés (Ravine des Lataniers).

Selon l’avis du CSRPN du 23 mai 2013, le risque de mortalité lié au chantier concerne les 20 espèces de cétacés faisant l’objet de la demande de dérogation et les mesures compensatoires proposées pour la flore protégée sont insuffisantes. Et avec l’exploitation des carrières, ce sont plusieurs individus pourraient être détruits.

Rien que pour la Ravine des Lataniers que notre Collectif entend protéger, le CSRPN donne un avis défavorable au vu l’impact FORT qu’aurait l’exploitation d’une carrière sur ce site, tant pour la flore (Relique végétation semi-sèche, classée en ZNIEFF 1, présence de Bois de Chenille et Bois de lait en voie de disparition notamment) que pour la faune (7 espèces protégées + 4 en cours, dont Puffin de Baillon et Papangues) nécessairement impactée par le bruit, les vibrations des dynamitages et la lumière des travaux de nuit.

4- Nous paierons sur le long terme le choix d’un gain calculé sur le court terme

Déjà dans son avis du 8 décembre 2011 le CSRPN prévenait que « ne pas peser aujourd’hui correctement les impacts de l’ouvrage retenu (Digue+viaduc), c’est s’exposer à payer très cher dans l’avenir le gain d’un calcul effectuer dans le court terme. Nous portons donc un avis défavorable à la solution V.3.2.Bis (Digue+Viaduc) et recommandons de se positionner vers la solution moins impactante représentée par V.2.2.Bis (Tout viaduc) »

Malgré cela la solution retenue a été la version Digue + Viaduc parce que selon la Région :
Cette variante coûterait moins cher : Ce qui n’est pas certain (cf plus haut les surcoûts en approvisionnement extérieur de matériaux), par contre elle coûtera très cher écologiquement sur le long terme, sans retour en arrière possible !
Cette variante assurerait de faire travailler les entreprises réunionnaises : mais la variante tout viaduc, elle, non seulement ferait travailler les réunionnais, mais leur apporterait à long terme une plus-value à travers un « savoir-faire » en réalisation de viaduc avec un programme de formation adapté.Depuis le viaduc de MILLAU le savoir-faire français dans la réalisation de viaducs est reconnu dans le monde entier !

REPONSE A MONSIEUR Dominique FOURNEL :

M. FOURNEL affirme qu’ « Au départ nous avions huit sites répertoriés. C’est après avoir pesé les avantages et les inconvénients de chacun que nous avons retenu ces deux-là. » (C’est-à-dire Ravine des Lataniers et Bellevue)

Pourtant le CSRPN précise que  » la démarche d’évitement n’a été réalisée que sur deux sites (Lataniers et Bellevue), sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Elle a consisté à redéfinir les périmètres d’exploitation (dont on ne sait pas du tout comment ils ont été définis initialement).(…) Ce travail sur l’évitement des impacts n’ayant pas été fait sur les 7 autres sites ».

Le CSRPN s’étonne même de n’avoir pas obtenu le rapport qui a permis de sélectionner les carrières  dont il ignore les « auteurs et les méthodes utilisées ».

A MONSIEUR DORIS CARASSOU ET A MONSIEUR ROLAND ROBERT

Dans un article de presse récent M.DORIS CARASSOU, DGS de la Mairie de la Possession affirmait : « Le site retenu par la Région ne présente pas d’enjeu stratégique sur le plan de l’environnement »

M. CARASSOU, avez-vous lu le SCOT du TCO? Avez-vous lu le SAR? Avez-vous lu le SDC? L’avis du CSRPN du 23 mai dernier ? Lisez le point 3 ci-dessus dans ce cas, cela vous éclairera.

Dans un autre article M. CARASSOU soulignait « que ce projet de carrière figurait déjà dans la convention signée avec la Région en octobre 2011. » Où est cette convention ? Car l’arrêté de déclaration d’Utilité Publique a été pris en mars 2012 avec un dossier d’instruction prévoyant une réalisation du chantier la base du Schéma des Carrières approuvé en 2010, c-a-d sans la Carrière des Lataniers.

La Région promet 17 à 18 millions à la mairie de la Possession pour « remettre en état » et financer divers projets municipaux (Cf Conseil Municipal du 19 juin dernier), mais l’argent n’achète pas tout et surtout ne répare pas tout! La mairie y voit surtout la possibilité de récupérer plus de 15ha proche centre-ville.
N’y a t-il vraiment que l’argent, le foncier et le béton qui compte pour la municipalité en place? Le cadre de vie de vos administrés, la richesse remarquable en biodiversité ne vous préoccupe donc pas?

Monsieur le Maire, Roland ROBERT, nous aimerions vous entendre sur ce dossier, pourquoi ce silence ? Pourquoi est-ce l’un de vos salariés (non élu) qui parle pour la municipalité ?
La colère commence à gronder dans votre commune, il serait temps de vous manifester !

Notre île est un véritable joyau ! Il est temps de se réveiller et d’en prendre réellement conscience. De réfléchir sur le long terme, pour nous Réunionnais et pour nos générations futures plutôt que de les sacrifier et sacrifier notre environnement exceptionnel pour des gains à courts termes plus qu’incertains.

Sachez messieurs que nous lutterons par tous les moyens légaux, le temps qu’il faudra, pour préserver notre Ravine des Lataniers intacte dans son paysage et sa biodiversité remarquables et afin de contribuer autant que possible à la préservation de notre patrimoine réunionnais exceptionnel pour l’avenir et pour nos enfants !

Stéphanie GIGAN
Présidente du Collectif de Protection de la Grande et de la Petite Ravine des Lataniers.

 

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