Nouvelles plaintes contre Roland Coutanceau : L'une concerne celle qui accuse Gérald Darmanin de viol

En septembre 2023, une enquête de nos confrères de France Info révélait que le psychiatre renommé et bien connu du prétoire de la cour d'assises de La Réunion où il officie régulièrement était visé par trois plaintes déposées devant le Conseil de l'ordre des médecins. Les plaignantes lui reprochaient des fautes déontologiques dans le cadre d'expertises menées dans des affaires de violences intrafamiliales.
La première, outre le comportement du spécialiste envers ses deux filles qui aurait ajouté "un traumatisme supplémentaire", dénonce en 2019 un rapport qui conclue qu'il n'existait pas de "climat incestuel" au sein de la famille. Pourtant, la mère de famille avait fourni des photos prises par son ex-conjoint montrant leurs filles dénudées et dans des positions suggestives. Des clichés que Roland Coutanceau n'aurait pas "commenté" avant de rendre un avis qui a pesé dans la décision rendue par le juge aux affaires familiales qui a rouvert des droits de visite au père.
Une plainte qui "a été prise en compte" par le conseil de l'ordre des médecins des Hauts-de-Seine, fin 2023. L'instance ajoute qu'elle porte elle-même plainte contre le psychiatre pour "manquement" au Code de la santé publique. "Un soulagement", pour la mère de famille. "Ça veut dire qu'une autorité décide que c'est grave et qu'il doit rendre des comptes", ajoute son avocat Fabien Arakelian contacté par France Info. La robe noire espère une sanction contre le psychiatre qui précise aux journalistes de l'Hexagone "faire une analyse critique et autocritique des raisons pour lesquelles l'expertise ne s'est pas bien passée."
Deux autres femmes qui estiment que les expertises du psychiatre ont entraîné une mise en danger de leurs enfants avaient porté plainte en 2016 devant le conseil de l'ordre des médecins de leur département. Des plaintes dans des affaires de violences incestueuses classées sans suite. Leurs recours devant le conseil national de l'ordre des médecins tout comme devant le tribunal administratif sont en cours d'examen.
Expertise menée dans le cadre des investigations à la suite d'une plainte pour viol contre Gérald Darmanin
Depuis octobre 2023, une quatrième plainte pour des "manquements" et des "fautes déontologiques" vise Roland Coutanceau. Sophie Patterson-Spatz, 51 ans, avait été examiné par l'éminent docteur en mars 2021 dans le cadre des investigations menées à la suite de sa plainte pour viol contre Gérald Darmanin.
La quinquagénaire dénonce avoir été contrainte à un rapport sexuel avec l'actuel ministre de l'Intérieur en contrepartie de son aide pour faire réviser une condamnation dont elle a fait l'objet. Une procédure médiatisée entamée en 2017 qui a abouti à un non-lieu, confirmé en appel. Selon son avocate, l'ordonnance de non-lieu rendue en juillet 2022 dans cette affaire "s'appuie beaucoup sur les théories de Roland Coutanceau". Selon sa cliente, le rendez-vous a duré "moins de deux heures. Il a été déloyal dès le départ et n'a pas mené son expertise avec neutralité et objectivité".
Dans cette délicate affaire, Roland Coutanceau avait proposé "trois scénarios" sans qu'aucun n'accrédite la thèse du viol. Dans l'un d'entre eux, il pointait un "conflit psychique" chez la plaignante "l'amenant à accepter une forme d'échange" puis une "relecture" des faits a posteriori. "On ne peut pas écrire que j'ai refait l'histoire dans ma tête puisque j'avais signalé les faits dès 2009 auprès de l'UMP, s'insurge l'intéressée. Je n'étais pas capable de poser ce mot de 'viol' au départ. Mais il y a une chose dont je suis sûre, c'est que je n'étais pas consentante."
Selon les informations de France info, l'expert-psychiatre est confronté à une cinquième plainte devant le même conseil de l'ordre départemental que celui qui a concerné les deux mères de famille en 2016, toujours dans le cadre d'une affaire de violences incestueuses.


