Nouvelle-Calédonie : 7 leaders indépendantistes arrêtés et transférés en Hexagone

Le procureur de Nouméa, Yves Dupas, a expliqué que ce transfert avait été effectué pour permettre aux enquêtes de se poursuivre sereinement, sans pression ni concertation frauduleuse. Les accusations portées contre ces militants incluent la complicité de tentative de meurtre, le vol en bande organisée avec arme, et la destruction de biens par des moyens dangereux.
Christian Tein, figure emblématique de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), a été arrêté en même temps que plusieurs autres membres du groupe, dont Joël Tjibaou, fils du célèbre leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. Christian Tein et ses compagnons sont accusés d'avoir orchestré des actes violents et des barricades à travers Nouméa, perturbant gravement la vie quotidienne et les approvisionnements de la ville.
La décision d'envoyer ces militants en métropole, à 17.000 km de chez eux, a été qualifiée de "déportation" par l'Union Calédonienne (UC), le parti politique impliqué dans la création de la CCAT. L'UC a exprimé son indignation face à cette mesure, qui affecte notamment des mères de jeunes enfants.
Les troubles en Nouvelle-Calédonie ont débuté en mai, suite à l'approbation par la France d'une réforme électorale permettant à des milliers de résidents français de voter, ce qui, selon les Kanaks, diluerait leur pouvoir électoral et compromettrait leurs chances d'indépendance. Ces manifestations ont conduit à des affrontements violents, faisant neuf morts, dont deux policiers.
En réponse à ces événements, le président Emmanuel Macron a suspendu la réforme constitutionnelle et a appelé à un dialogue apaisé pour résoudre la crise. Cependant, les tensions restent vives et les groupes pro-indépendance continuent de réclamer le retrait complet de la réforme avant toute discussion sur l'avenir politique de l'île.
Les sept militants transférés seront détenus dans divers établissements pénitentiaires en France : Christian Tein à Mulhouse, Brenda Wanobo à Dijon, et Frédérique Muliava à Riom. Deux autres personnes mises en examen ont été placées sous contrôle judiciaire.


