Nouveau Premier ministre : Macron poursuit ses consultations

La journée de consultations à l'Élysée a commencé ce matin avec l'arrivée de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, suivie du président du Sénat, Gérard Larcher, qui sera reçu en fin de journée. Mais le moment clé de cette nouvelle journée de tractations sera la rencontre avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ces leaders du Rassemblement national seront suivis à par leur nouvel allié, Éric Ciotti.
Bien que l'extrême droite ait renoncé à Matignon après sa défaite aux législatives, elle profitera de cette occasion pour rappeler au président sa ferme opposition à un gouvernement de gauche, notamment si celui-ci incluait des ministres issus de La France insoumise (LFI). "Nous censurerons tout gouvernement issu du Nouveau Front populaire, surtout s'il applique son programme," a déclaré Sébastien Chenu sur France 2. Le vice-président du RN a insisté sur le fait que l'opposition n'était pas une question de personnalités mais bien de programme, réaffirmant son intention d'exclure du système politique la France insoumise, qu'il considère comme un "parti antirépublicain" avec un projet "néfaste pour le pays".
Rejet des propositions de Mélenchon et du NFP
Cette prise de position constitue un rejet cinglant des propositions de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier avait tenté de réduire les risques de censure en suggérant, au cours de ce week-end, une non-participation de LFI au gouvernement, espérant ainsi faciliter la nomination de Lucie Castets, candidate du NFP, au poste de Premier ministre. Une manœuvre politique saluée à gauche, car elle a forcé les opposants à clarifier leurs positions.
François Bayrou, par exemple, a déclaré dimanche sur LCI que "l'opposition à un gouvernement formé autour de LFI" était principalement motivée par le programme du NFP, qu'il considère comme "dangereux pour le pays". Laurent Marcangeli, chef des députés Horizons, a également exprimé son inquiétude, promettant dans Le Figaro de s'opposer à ce programme "avec tous les moyens que la Constitution nous offre." Au fond, pour tous ceux qui ont échangé la semaine dernière avec Emmanuel Macron, l'hypothèse de ministres LFI, tout comme l'application stricte d'un programme du NFP, ne passe pas.
Un prolongement des consultations en vue ?
Pendant les commémorations des 80 ans de la Libération de Paris, Emmanuel Macron a semblé envisager prolonger les consultations. Après avoir rendu hommage à ceux qui ont su s'unir "au-delà de toutes les divisions" pour défendre une certaine idée de la France, le président pourrait organiser d'éventuelles nouvelles consultations mardi, selon l'Élysée. Cette démarche pourrait retarder encore davantage la nomination du nouveau Premier ministre, d'autant plus qu'Emmanuel Macron est attendu mercredi à la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques, avant de se rendre en Serbie jeudi et vendredi.
Mais il y a urgence, le budget 2025 doit être présenté avant le 1er octobre, ce qui oblige le président Macron à nommer rapidement un successeur à Gabriel Attal, qui assure l'intérim à Matignon depuis 41 jours, une durée inédite depuis l'après-guerre.


