« Nous avons tout mis en œuvre » : Leal Réunion se défend après sa mise en examen dans l’affaire Takata

Poursuivie pour blessures involontaires après un accident lié à un airbag Takata, la société Leal Réunion assure avoir pris toutes les mesures possibles. Son directeur général, Philippe-Alexandre Rebboah, exprime son soutien à la victime et dénonce les défaillances du système.
Mis en examen fin mars pour blessures involontaires dans l’affaire des airbags Takata, Leal Réunion se dit “profondément affectée” par l'accident qui a grièvement blessé un automobiliste réunionnais en mai 2020. À la tête du distributeur automobile, Philippe-Alexandre Rebboah affirme que sa société “a tout mis en oeuvre” pour prévenir les conducteurs des risques liés aux équipements défectueux. “C’est un dossier très sensible. Nous avons agi avec responsabilité, et malgré cela, on vient nous mettre en examen”, déclare-t-il.
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L’accident survenu à Bérive, au Tampon, avait laissé un père de famille gravement mutilé, la mâchoire brisée, l’oreille sectionnée. “Je tiens à exprimer mon soutien sincère et ma compassion à la victime. Ce qu’il a vécu est dramatique. Mais il faut aussi dire que ce véhicule n’a jamais été vendu ni entretenu chez nous”, souligne Philippe-Alexandre Rebboah.
“Comment prévenir quelqu’un dont on ignore l’identité ?”
Dès l’audition, la direction de Leal a fourni un dossier détaillant les campagnes de prévention menées depuis plusieurs années, notamment le programme « Stop Drive ». Une reconstitution des fichiers clients BMW et Mini a été engagée, et des appels à vigilance ont été lancés dans les médias. Mais la traçabilité s’est révélée complexe, notamment à cause des reventes de véhicules et du transfert de cartes grises entre particuliers. “Comment prévenir quelqu’un dont on ignore l’identité ?”, interroge-t-il.
Leal pointe aussi l'inaction des autorités : “Nous avons sollicité l’accès au SIV, demandé à ce que les véhicules non réparés soient bloqués au contrôle technique… Tout nous a été refusé. Aujourd’hui, on nous accuse de ne pas avoir fait assez, alors que nous sommes confrontés à une législation inadaptée.”
Alors que 1,7 million de véhicules sont aujourd’hui rappelés en France, le dirigeant regrette un système “où ceux qui sont en bout de chaîne sont désignés responsables”. Il refuse cependant toute posture défensive. “Nous ne cherchons pas à nous dédouaner. Nous avons fourni les preuves du travail accompli, avec sérieux. Mais il faut que le système évolue. Il y a eu un blessé grave. Ce genre de drame doit absolument être évité à l’avenir."


