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Notes de lecture - "Il faut qu’on en reparle" par Dominique Maraval

Ecrit par Jules Bénard – le dimanche 30 mars 2025 à 17H44

Ou : Quand on a une idée quelque part… n’est-ce pas !

Ne pas dénaturer l’Histoire ne veut nullement dire ignorer ses mauvais côtés. Nous sommes tous dans le sens de la grande Histoire en célébrant la Résistance, Jean Moulin, le Conseil national, le Grand Charles, Lucie Aubrac. Ce qui n’interdit nullement de dire les monstruosités de 1944, la foule des résistants improvisés et notre ami Maraval ne s’en prive pas. Avec tout le brio qu’on lui connaît.

Pour son troisième roman, Dominique Maraval ne marche pas à côté des flaques : il met les pieds dedans et éclabousse joyeusement les alentours de tout ce que les bien-pensants préféreraient ne pas savoir : c’est si loin tout ça ! Ben non justement, pas si loin et, contrairement à une idée trop reçue, l’Histoire repasse souvent les plats, on le voit tout le temps.

A La Perrière, village protestant d’Auvergne à peine inventé, un château est investi par les troupes d’occupation et les services répressifs idoines. Le pasteur protestant du village s’occupe de cacher les enfants juifs dans les fermes environnantes. Ce qui, au demeurant, ne dérange pas trop le commandant allemand, lui-même protestant (mais ne l’ébruitons pas, des fois qu’Adolf l’apprendrait), qui a précisément choisi ce château autrefois construit par ses aïeux. Mais les occupants actuels, bien forcés d’accepter la cohabitation, sont farouchement engagés dans la Résistance.

On verra comment, à la Libération, de sordides vengeances personnelles s’ajoutent à des engagements surprenants (le nombre de « résistants » se multiplie par cent !) pour donner le spectacle honteux de femmes tondues et d’hommes faussement accusés.

Ce livre très (trop) court mérite d’être lu pour se remettre les yeux en face des trous.

« Il faut qu’on en reparle »

Par Dominique Maraval

Echo éditions

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