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Notes de lecture - "Après", de Stephen King : L’épouvantable meilleur du maître

Après des dizaines d’années et de romans à nous tordre les tripes de trouille, ce farceur de Stephen King n’en finit pas de nous surprendre avec ses géniales trouvailles dans lesquelles le surnaturel et le monstrueux côtoient l’invraisemblable à chaque page. Cette fois, c’est encore pire, pour le bonheur des amateurs. Que les autres passent au large… vers certain Triangle qui fait moins peur que « l’Après ».
Ecrit par Jules Benard – le dimanche 10 septembre 2023 à 11H42

Avez-vous déjà visionné une interview de Stephen King ? Coup de bol, « Arte » en a diffusé quelques-unes ces deux dernières années. Ce bougre ne dit pas deux phrases sans rire, les yeux plissés de malice tant il s’amuse lui-même de ses propres turpitudes.

Manifestement, il s’amuse comme un petit fou à nous faire peur à chaque ligne, chaque phrase, chaque chapitre. Et c’est sans doute cet humour très grinçant qui l’aide à garder ce cap salvateur ; et nous aide à ne pas sombrer dans les affres de ses malheureux personnages.

Cette fois encore, il se surpasse avec un plaisir sans mélange.

Cet « Après », le dernier de ses romans en Livre de Poche, nous met en compagnie d’un jeune de huit ans qui… parle avec les morts mais il est seul à les apercevoir. Comble du bonheur (ou du malheur aussi, sinon ça ne serait pas drôle), ces morts pseudo-vivants, qui n’ont rien à voir avec les fantômes, n’ont pas le droit de lui mentir.

Au début, ça va encore bien, son don lui permettant d’éviter qu’un épouvantable attentat n’aboutisse au massacre de centaines d’innocents.

Mais très vite, des gens mal intentionnés, comme  bien on le devine, vont tenter d’utiliser cet impensable don pour en tirer un profit coupable. Ce qui ne va pas leur faire du bien. Mais alors là, pas du tout.

La première à savoir son don est sa propre mère, qui lui accorde une totale confiance… et s’en sert pour redresser une situation tordue à l’excès comme seul Stephen King sait en mijoter.

La seconde est une flic qui se trouve aussi être la maîtresse de sa maman, ce qui ne choque nullement notre jeune héros : il adore sa mère. Cette flic, bourrée de gentillesse au début, s’avère vite être une épouvantable « ripoue » new-yorkaise trempant dans le trafic de drogue rêvant de se bourrer les poches avant de s’installer en Californie, et puis… et puis…

Voilà, le scénario n’est pas plus compliqué que ça et ce sont les péripéties foisonnantes nées de cet esprit sans cesse à la recherche de ce qui fait peur, qui alimentent ce roman moins épais que d’habitude.

La très grande force de Stephen King est de se glisser dans la peau et l’âme de n’importe lequel de ses protagonistes.

C’est pourquoi cette magnifique et improbable histoire est directement narrée par son jeune héros. Ce n’est pas la moindre des performances de Stephen King

J.B.

« Après », Stephen King

En livre de poche.

343 pages seulement !

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