À nos amis phonologistes

Il y a 35 ans, vous étiez de jeunes loups en quête de recherche identitaire et de reconnaissance politique.
L’eau a coulé sous les ponts. Plus personne ni aux Antilles ni à la Réunion n’a de revendications autonomistes ou indépendantistes en 2011.
Pourquoi vouloir continuer dans les graphies créoles un combat que vous avez bel et bien perdu dans les urnes ?
Pourquoi ce comportement d’adolescents attardés ? Il faut entrer à l’âge adulte. Vous avez la soixantaine à présent. Comportez-vous en adultes responsables devant l’histoire.
Reconnaissez vos erreurs politiques et linguistiques.
Les créoles francophones sont des patois issus à plus de 90 % des mots des patois de l’Ouest de la France. J’ai même retrouvé dans le récemment feu patois de la vallée de la Bruche (sud-ouest de Strasbourg) presque une dizaine de nos mots créoles
réunionnais. On retrouve aussi au Québec certains de nos mots créoles "réunionnais" ! Il n’y a donc aucune raison historique ou linguistique ou pédagogique d’écrire tous ces mots en graphie phonologique.
Même la façon "créole" de prononcer les t en fin de noms (Payett, Laurett, Dayott) n’est pas créole mais bretonne !
Robert Chaudenson, dans une conférence à l’université, a publiquement reconnu que toutes ces diverses graphies ont été une erreur. Qu’attendez-vous pour battre votre coulpe (out koulp) et reprendre avec beaucoup d’humilité le chemin de l’étymologique ?
Vous déclarez vouloir "mett’en l’air (mèt an lèr)" notre super hyper sympathique patois. L’intention est fort louable mais, avec vos diverses graphies, vous ne faites que déverser sur lui de grandes pelletées de terre. Vous verrez que vous allez bien finir par l’enterrer plus rapidement encore que ne pourraient le faire vos détracteurs.
Armand GUNET


