Ni putes, ni soumises…ni informées
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Le débat autour de la MCUR s'est beaucoup focalisé sur les questions liées à l'esclavage, la traite et la négation de l'humanité des milliers de travailleurs introduits dans l'ile pendant plus de deux siècles. C'est compréhensible dans la mesure où ce crime a occupé une très large partie de notre courte histoire. Mais l'héritage de l'esclavage n'est pas – et de loin – le seul point nodal et problématique dans la société réunionnaise actuelle.
Et cette (malheureuse mais pas inutile) remarque de la DR d'une association de France nous interpelle sur la raison d'être et les objectifs associatifs de Ni putes, ni soumises dans la société réunionnaise. Importer de toutes pièces des problèmes qui n'existent pas ici, (nous en avons d'autres…), est-ce vraiment prioritaire ?
Il ne me revient pas d'exposer ici tout ce qui fait, précisément, que l'islam pratiqué à La Réunion – en raison de multiples facteurs socio-historiques (conditions d'implantation, pays d'origine…) – est différent. D'autres sont beaucoup plus qualifiés que moi pour ces démonstrations, mais je me souviens que ce débat avait nourri une première rencontre, dans l'île, avec Tariq Ramadan, il y a de cela quatre ou cinq ans.
Et la MCUR est exactement l'endroit où ces différences trouveront à être valorisées mais surtout expliquées, situées dans le temps et dans l'espace, pour enfin donner à tous une dimension supplémentaire (celle de l'islam réunionnais) dans le continent – déjà très peuplé – de la diversité religieuse, en laïcité réunionnaise.
Le fait que cette spécificité puisse être niée par des gens dont les critères d'analyse ont été forgés en référence à d'autres contextes socio-historiques, vient a fortiori souligner l'importance et le caractère indispensable de cette structure muséale d'un genre inédit ici.
Il me semble important de le noter au passage, pour dire que la Maison commune est justement le lieu par excellence où pourront être exposées, avec le recul qu'il faut, les problématiques sociales du passé et du présent, si douloureuses ou épineuses soient-elles.
C'est à ce prix que nous pourrons nous construire un avenir commun.


