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"NHAVIR" : le centre de prise en charge des auteurs de violences intrafamiliales ouvre à Saint-Pierre

Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 29 janvier 2025 à 09H34
Les locaux de NHAVIR ont été mis à disposition par la mairie de Saint-Pierre.


Le Nouvel hébergement des auteurs de violences intrafamiliales de La Réunion (NHAVIR) a été inauguré ce mardi 28 janvier à Saint-Pierre. Ce dispositif expérimental a pour objectif de lutter contre le fléau des violences conjugales et contre la récidive chez les hommes condamnés pour ce type de faits.

Derrière chaque victime, il y a un auteur à identifier, à juger devant la justice, et aussi à accompagner. Une “évidence” et une “nécessité” rappelées par l'ensemble des professionnels de justice, l'association Réseau VIF qui porte et gère le projet mais aussi les élus présents à l'inauguration du premier centre de prise en charge collective des auteurs de violences conjugales. NHAVIR est une première à La Réunion. Le dispositif est un nouvel outil, initié il y a quelques années, en complément de l'arsenal répressif, précise Carine Volvert, présidente de l'association Réseau VIF. “Nous sommes convaincus qu'il ne peut avoir de réponse sans accompagnement individuel”, plaide-t-elle.

NHAVIR : une peine en milieu ouvert

L'ancien bâtiment de la Congrégation des Sœurs de la Ravine des Cabris a ainsi été transformé en un lieu de huit places pour les auteurs de violences conjugales. Des chambres parfois doubles au confort spartiate, une cuisine collective, un salon et toute une équipe pour les accompagner dans “les gestes quotidiens de la vie” avec l'aide de psychologues, d'éducateurs ou d'intervenants extérieurs... ”le plus important est qu'ils puissent comprendre quel est le pourquoi de cette violence pour qu'ils ne puissent pas recommencer”, explique Carine Volvert.

Héberger des auteurs de violences implique “un important dispositif de sécurité”, rassure également la présidente du Réseau VIF.

NHAVIR, “dans l'éventail des réponses pénales très élargi”, ne peut en effet héberger que des hommes condamnés pour des peines inférieures à un an. Des peines qui peuvent donc être aménagées en milieu ouvert, précise Bertrand Pagès, président du tribunal judiciaire de Saint-Pierre.

Évaluation préalable

L'autre critère pour bénéficier du dispositif d'accompagnement peut aussi être une prise de conscience de la part de l'auteur des violences. Chaque cas fera l'objet d'une évaluation préalable. Par ailleurs, NHAVIR n'a pour le moment pas vocation à accueillir des visites familiales.

Ce placement des auteurs de violences conjugales et/ou intrafamiliales en milieu ouvert représente une alternative à l'emprisonnement. Pour autant, "le pris en charge devra s'astreindre à un programme individuel mais aussi collectif tout en sachant que le SPIP reste mandaté pour exercer la mesure de justice”, rappelle Dominique Tanguy, directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Pour amorcer ce travail de prise de conscience, entre 4 à 6 mois sont nécessaires.

NHAVIR permet également aux victimes de rester au domicile. “Trop longtemps, l'on a considéré que c'était aux victimes de partir et tant pis si elles devaient tout laisser et déscolariser les enfants”, a fait valoir Nathalie Le Clerc'h, substitut général de la Cour d'appel de La Réunion.

Le cout de fonctionnement de ce dispositif innovant et expérimental, financé par l'Europe, l'État, le SPIP et le Département, est estimé à 220.000 euros par an et est appelé à se multiplier.

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