Ne tirez pas sur le pompiste !

Plus le temps passe et plus je me fais une piètre opinion de mes concitoyens. Je sais, ça va faire bondir les « noe », « david » et autres clampins qui n’ont rien à dire. « Merci la vie, l’amour ça fait passer le temps ».
Les pompistes, très mal reçus chez le sinistre ministre (même pas une salle de réunion au programme !), « menacent » de faire grève. Ils « menacent » seulement, et je les approuve à 300 %, mais ça suffit à semer la panique dans Landerneau et chacun de foncer à la station.
Comme en 1991, lorsque la 1è guerre du Golfe avait laissé planer l’ombre d’une pénurie, certains abrutis avaient fait provisions de riz : 300 kilos pour un Saint-Pierrois qui a dû tout jeter because charançons ; ou tel autre qui est reparti d’un Hyper Crack sudiste avec 250 rouleaux de PQ, de quoi s’inquiéter sérieusement de son fonctionnement intestinal…
Dans le même temps, pendant qu’ils trépignent en attendant leur tour à la pompe, de beaux esprits ne cessent d’appeler les radios pour dire qu’il « faut punir les stations-services qui s’en mettent plein les poches ».
On n’est pas plus stupide mais il est vrai que les téléspectateurs moyens regardent plus volontiers les télénovelas et télébollywood que le JT. Ils sauraient, au cas contraire bien improbable, que les stations sont précisément celles qui font le plus petit bénéfice sur le litre de carburant !
Qui se remplit réellement les fouilles ? Les compagnies pétrolières et l’Etat avec ses taxes démentielles. Pas les pompistes. La chasse aux sorcières est mal ciblée.
L’Etat se goberge, les compagnies pompent notre fric, les stations créent de l’emploi. On devrait donc logiquement favoriser ces dernières. Or voici qu’on va leur interdire de vendre de l’alcool et des cigarettes sous le prétexte hypocrite de moraliser la conduite automobile. Le pochard qui veut boire ET conduire s’approvisionnera à la boutique s’il ne trouve pas d’alcool aux stations.
Il faut cesser de se voiler la face.
Jules Bénard


