Navette Air France repoussée : "28 taxiteurs pénalisent les Réunionnais"

La compagnie française Air France est amère et il y a de quoi. La création d'une navette de bus entre l'aéroport Roland-Garros et Saint-Pierre à partir du 1er juillet vient tout simplement d'être repoussée pour une durée indéterminée. La raison, le Conseil général vient d'annuler, au dernier moment, l'autorisation de stationner du bus sur la gare routière de Saint-Pierre. Une annulation qui arrive 48 heures après celle de la CCIR (Chambre de commerce et d'industrie).
Pourquoi ces deux annulations ? A cause de la manifestation des taxiteurs qui voyaient d'un mauvais oeil l'arrivée de cette navette qui aurait porté "préjudice" à leur activité professionnelle. "Il est dommage que 28 chauffeurs de taxis pénalisent les Réunionnais", explique Bénédicte Pellerin, directrice régionale d'Air France à la Réunion.
Le Conseil général a formulé à Air France une annulation d'autorisation de stationnement du bus Air France et a demandé à la compagnie aérienne de reformuler une demande qui sera soumise à "concertation". Il faut croire que la réunion qui s'est tenue mercredi dernier au Département, entre représentant de la branche transport et taxiteurs a porté ses fruits. Ces derniers mettaient en avant que la navette était une nouvelle forme de "concurrence directe et déloyale".
Réunions entre taxiteurs et Air France
Avant la mise en place de la navette, des réunions ont eu lieu entre taxiteurs et direction d'Air France. "Les chauffeurs de taxis ont demandé à nous voir. On les a reçu. En contrepartie de cette navette, il faut savoir qu'Air France va augmenter sa fréquence de 9 à 10 vols par semaine, soit 133 vols supplémentaires par an ce qui représente 60.000 passagers en plus. Automatiquement qui dit plus de passagers à l'aéroport dit plus de clients pour les taxis", explique Michel Angot directeur commercial.
La navette devait effectuer deux trajets par jour. Le premier au départ de Roland-Garros à 11 heures en direction de Saint-Pierre et le retour à 18 heures vers Saint-Denis. A l'intérieur, 55 places dédiées aux clients d'Air France mais également des autres compagnies "comme pour le système de navette en métropole", souligne Bénédicte Pellerin. "Ce n'était pas le même produit et il ne s'adressait pas aux mêmes personnes", regrette-t-elle.
Préjudice financier et commercial
Pourtant, des propositions avaient-été faites aux chauffeurs de taxis. "A travers le site Amadeus (fournisseur leader mondial des solutions technologiques de gestion pour la distribution et la vente de services de voyages, plus de 101.000 agences de voyages et 34.800 bureaux de vente de compagnies aériennes ont accès au système Amadeus dont Air France) nous avons proposé de mettre sur la page de l'aéroport Roland-Garros le numéro de téléphone des taxis", souligne Bénédicte Pellerin. Mais il faut croire que cette proposition ne les a pas convaincu. "Ils ne veulent pas de la navette, ils restent sur leur position. Mais on ne baisse pas les bras et cette propostion va peut-être faire son chemin", conclut-elle.
En attendant, le bus Air France qui devait effectuer la liaison entre Saint-Pierre et Gillot est suspendue. Le bus reste au "garage" et le préjudice financier et commercial pour Air France et la société l'Oiseau Bleu (exploitante du bus) est bien réel. Une décision qui met également deux nouvelles créations d'emploi sur la touche, les deux chauffeurs qui devaient assurer la liaison ne prendront pas leur service demain matin...



