Municipales à Saint-Paul : Emmanuel Séraphin présente son projet de "ville archipel"

Logement, mobilité, climat, développement économique… À quatre jours du premier tour des municipales, Emmanuel Séraphin a présenté sa vision pour l’avenir de Saint-Paul. Le maire sortant et président du Territoire de l’Ouest défend un projet de « ville archipel », structuré autour de plusieurs pôles de vie.
Lors d’une conférence de presse organisée mercredi, Emmanuel Séraphin a exposé les grandes orientations qu’il souhaite porter pour Saint-Paul à l’horizon des vingt prochaines années.
« Saint-Paul n’est pas une ville avec un centre et des périphéries. C’est une ville composée de plusieurs pôles de vie », explique-t-il. « Notre responsabilité est de permettre à chacun de ces territoires de vivre pleinement et d’être reliés entre eux. »
Une ville « polycentrique »
Pour le maire sortant, l’enjeu est de poursuivre la transformation engagée depuis 2020. La commune s’appuie aujourd’hui sur plusieurs zones d’aménagement pour structurer son développement.
« Nous voulons que les Saint-Paulois puissent vivre, travailler et avoir accès aux services publics dans leurs quartiers », insiste Emmanuel Séraphin. Plusieurs projets urbains sont mis en avant : la transformation des entrées de ville nord et sud, la requalification du centre-ville historique, l’évolution du marché forain ou encore la transformation du front de mer. « Je veux rassurer tout le monde, le marché forain ne va pas bouger » Trois opérations sont présentées comme particulièrement structurantes : l’écocité de Phaonce, la ZAC Renaissance 3 à Plateau Caillou et le pôle Lacroix au Guillaume. Ce sont près de 3000 emplois indirects qui pourraient voir ainsi le jour dans ces nouveaux quartiers.
Selon la municipalité, ces projets doivent contribuer au développement économique de l’Ouest. « Saint-Paul est le poumon économique de l’Ouest. Ce n’est pas qu’un slogan », affirme le candidat.
« Se loger sans se déraciner »
La pression démographique reste l’un des défis majeurs pour la commune. Depuis 2020, près de 2.500 logements ont été livrés à Saint-Paul. La municipalité vise désormais plus de 3.000 logements supplémentaires lors du prochain mandat.
« L’objectif est simple : se loger sans se déraciner », explique Emmanuel Séraphin. « Permettre aux Saint-Paulois de rester vivre dans leur quartier, là où se trouvent leurs attaches, leur travail et leur famille. »
Une ville plus résiliente
Face aux défis climatiques, la commune prépare l’adoption d’un plan local d’urbanisme bioclimatique.
Celui-ci doit notamment favoriser une urbanisation adaptée au climat tropical et développer le concept de « ville éponge ».
« Il faut faire de Saint-Paul une ville éponge pour permettre une meilleure infiltration des eaux pluviales », souligne le maire sortant.
La municipalité souhaite également renforcer la végétalisation de la commune et poursuivre le plan de plantation de 100.000 arbres.
La question de l’eau constitue également un axe central. « Nous visons l’eautonomie », affirme Emmanuel Séraphin. Cela passe notamment par l’installation de compteurs intelligents pour mieux suivre les consommations et détecter les fuites, ainsi que par la réutilisation des eaux traitées pour l’irrigation des espaces verts.
Saint-Paul mise sur de nouvelles mobilités
Sur la question des transports, Emmanuel Séraphin affirme vouloir poursuivre le développement des mobilités sur l’ensemble du territoire communal. La municipalité prévoit notamment une nouvelle délégation de service public pour le réseau de transport et souhaite renforcer l’offre existante.
« Kar’Ouest va continuer à évoluer, avec davantage de bus le matin et des bus qui circuleront plus tard le soir », indique le maire sortant. Le dispositif de transport de nuit Karlanuit’ doit également être renforcé et passer de deux à cinq véhicules.
La collectivité souhaite également améliorer les connexions entre les différents secteurs de la commune, en particulier entre le littoral, les mi-pentes et les Hauts. Pour cela, plusieurs pôles d’échanges multimodaux sont envisagés afin de faciliter les correspondances entre les différents modes de transport.
Emmanuel Séraphin rappelle par ailleurs que la commune s’inscrit dans le projet régional de développement d’un transport ferré à La Réunion. « Nous préparons toujours l’arrivée d’un transport ferré, avec des emprises qui sont déjà prévues », affirme-t-il, évoquant un projet porté à l’échelle de l’île et estimé à plusieurs milliards d’euros.
Autre piste étudiée : le développement d’un transport par câble. Des études sont actuellement menées à l’échelle du Territoire de l’Ouest pour identifier les secteurs où un téléphérique pourrait être pertinent. L’axe reliant la gare routière de Saint-Paul, Plateau Caillou et Saint-Gilles-les-Hauts apparaît comme l’un des tracés envisagés. « Il faut le faire là où cela a du sens, et Saint-Paul a la densité de population pour y penser », souligne Emmanuel Séraphin.
Une plainte déposée à quelques jours de la fin de la campagne
La conférence de presse s'est tenue toutefois dans un contexte politique tendu. Une plainte a été déposée au parquet de Saint-Denis visant Emmanuel Séraphin et son directeur de cabinet au Territoire de l’Ouest.
Selon des informations révélées par la presse locale, cette plainte évoque notamment des soupçons d’emploi fictif, de favoritisme, de prise illégale d’intérêts et de détournement de fonds publics. Le maire de Saint-Paul dénonce une instrumentalisation politique. « Cette affaire, c’est de la manipulation électoraliste à seulement quelques jours du scrutin », affirme-t-il. « Personne n’est dupe. »


