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Municipales à Saint-Denis : sécurité et attractivité au cœur du projet de Jean-Max Nativel

Ecrit par Samuel Irlepenne – le vendredi 27 février 2026 à 07H40

À Saint-Denis, le mot d’ordre est lancé : "Le changement n’attend plus". Entouré d’une partie de son équipe, Jean-Max Nativel, candidat du Rassemblement national, a présenté ce mardi 24 février les grandes orientations de sa liste "Le Rassemblement dionysien", axées sur la sécurité, l’attractivité économique et la réorganisation de l’action sociale.

Se présentant comme le chef de file d’un rassemblement local élargi, Jean-Max Nativel affirme avoir structuré son mouvement "quartier par quartier" depuis deux ans. Sa liste regroupe des représentants du RN, du mouvement Saint-Denis d’abord, d’Humaniste global ainsi que des soutiens issus de l’UDR d’Éric Ciotti, incarnés récemment dans le chef-lieu par Dimitri Smith.

Le candidat se dit convaincu de pouvoir battre la maire sortante, Ericka Bareigts, lors des municipales. "La volonté de changement s’exprime sur le terrain", affirme-t-il, mettant en avant une équipe chargée d’élaborer un programme sectoriel couvrant sécurité, économie, aménagement et action sociale.

Sécurité : un renforcement massif des moyens municipaux

Chargé du volet sécuritaire, Claude-François Hoareau dresse un tableau préoccupant de la délinquance locale, citant une hausse globale de 6 % des faits, accompagnée d’augmentations marquées des vols violents, des cambriolages et des dégradations liées aux biens.

Face à ce diagnostic, la liste propose un renforcement significatif de la police municipale, avec un objectif affiché de 200 agents contre 40 actuellement. Le projet comprend également l’extension du centre de supervision urbain, le déploiement de nouveaux dispositifs de surveillance, l’amélioration de l’éclairage public et la création de dispositifs d’alerte par quartier. "La lumière est la première des sécurités", insiste l’équipe, qui évoque une politique de "tolérance zéro" face aux incivilités.

Jean-Max Nativel estime que l’investissement, évalué à environ deux millions d’euros annuels, demeure soutenable pour la commune.

Développement économique : cap sur le littoral

Chargée du volet économique, Corinne De Flore a présenté une stratégie de valorisation du littoral et du foncier disponible. Le projet principal, baptisé "Poole Nautica", prévoit la création d’un quartier maritime intégré "qui partira de la gare routière à la Jamaïque", comprenant port modernisé, espaces commerciaux, logements, équipements de loisirs et infrastructures destinées aux entrepreneurs. Ce projet s’accompagne de la modernisation des cales de halage de la Grande Chaloupe, du Bas de la Rivière de Saint-Denis et celle de Patate-à-Durand, ainsi que du développement de zones d’activités économiques, la réhabilitation du bas de la rue Maréchal-Leclerc, ainsi que la dynamisation du Pôle Océan"en zone commerciale et artisanale".

Jean-Max Nativel a replacé cette orientation dans une logique d’équilibre territorial : "Si on fait ce petit port à l'endroit où il y avait l'ancienne cale de halage, c'est pour développer tout le secteur Est de Saint-Denis, et d'autant plus que le foncier existe. Parce que pour nous, le Barachois, il est plein. Le Barachois, il faut l'améliorer, mais on ne peut pas tout faire toujours au Barachois."

Aménagement : transformer l’image du chef-lieu

Intervenant sur le volet de l’aménagement, Victor-Andrea Perego critique l’état du front de mer et de plusieurs infrastructures urbaines, qu’il juge dégradées et peu valorisantes pour l’image de la capitale réunionnaise. "Lorsque vous roulez sur le boulevard Lancastel, vous êtes accueillis par une Cité des Arts dont les panneaux sont tombés lors du dernier cyclone, un pied de bois tenu par des câbles, un pont rouillé, l'immeuble Europa, dit le Globe, dont les carreaux tombent, un trou béant avec le Pôle Océan, une gare routière en structures modulaires, et un ancien 3 Brasseurs en décrépitude. Voilà la réalité d'une ville que certains osent qualifier de "propre et verte", dénonce-t-il.

Parmi les projets structurants figure la création d’un bassin maritime inclut dans le projet "Poole Nautica" utilisant des tétrapodes de l’ancienne route du littoral, la relance de la production agricole locale et la transformation de l’ancienne prison Juliette Dodu en "Grandes Halles Dionysiennes", marché couvert dédié aux producteurs locaux et à la consommation de proximité.

Aides municipales : audit et conditionnalité

Pour le volet social, Lynda Ringuin défend une réorientation des politiques publiques autour de l’autonomie des bénéficiaires et de la transparence budgétaire. Le programme prévoit notamment un audit des aides municipales, la mise en place d’un contrat d’engagement pour les bénéficiaires, la création d’un centre local d’économie sociale et solidaire et un renforcement du soutien aux familles, aux personnes handicapées et aux seniors. "La solidarité municipale doit d'abord bénéficier aux Dionysiens", insiste-t-elle.

La liste propose également la création d’une brigade municipale de prévention destinée à intervenir auprès de la jeunesse en difficulté et à renforcer la présence aux abords des établissements scolaires.

"La dynamique est réelle" 

En conclusion, Jean-Max Nativel affirme mener une campagne de terrain intensive, soutenue selon lui par la direction nationale du RN, notamment Marine Le Pen et Jordan Bardella. "La dynamique est réelle, mais rien n’est joué", a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation militante "quartier par quartier".

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