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Municipales 2026 : un second tour de toutes les surprises !

Ecrit par Pierrot Dupuy – le lundi 23 mars 2026 à 05H43

Qui eût dit ? Qui eût dit que Patrice Thien Ah Koon aurait été battu au Tampon ? Et Thierry Robert à Saint-Leu ? Et Frédéric Maillot à Sainte-Suzanne ? Et Vanessa Miranville à La Possession ? Quatre énormes surprises.

D’autres résultats étaient attendus très serrés. Certains le furent comme à Saint-André où Joe Bédier ne devance Laurent Virapoullé que de 34 voix. D’autres sont cependant beaucoup plus larges qu’annoncés comme à Cilaos où Laïla Nassibou l’emporte assez facilement devant le maire sortant Jacques Técher ou encore à Sainte-Marie où Céline Sitouze arrive largement en tête devant Jean-Louis Lagourgue et Richard Nirlo.

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Pas de regrets pour les deux irréconciliables anciens maires : même en additionnant leurs voix, dans une logique mathématique, ils seraient arrivés malgré tout largement derrière la nouvelle maire.

A noter également une plus grande féminisation des édiles avec l’arrivée de deux nouvelles femmes, Céline Sitouze et Laïla Nassibou, tandis qu’à l’inverse Vanessa Miranville tire sa révérence.

Saint-Paul : un écart bien plus important que prévu

Difficile de choisir la plus grosse surprise pour débuter cet article. On va donc retenir le critère de la taille de la commune et commencer par Saint-Paul.

On annonçait un scrutin très serré. Jusqu’au dernier moment, chaque camp se voyait vainqueur. Un vieux dicton dit que souvent un scrutin se joue dans les dernières heures, voire le jour du vote. C’est peut-être ce qui est arrivé à Saint-Paul, on ne le saura sans doute jamais.

Quoi qu’il en soit, Emmanuel Séraphin, à qui l’on reprochait souvent de ne jamais avoir été élu sur son nom, vient de marquer de son empreinte l’histoire électorale de sa commune en l’emportant brillamment, bien plus que ce à quoi s’attendaient les observateurs les plus optimistes. 55,74% contre 44,26 pour Cyrille Melchior, le score est sans appel.

Le pari était risqué pour le président du Département. Si l’on était au poker, on pourrait dire qu’il a fait tapis. Il a tout misé sur cette élection, synonyme pour lui, en cas de victoire, de tremplin pour d’autres postes. Et pourquoi pas vers une candidature à la présidence de la Région ou un poste de sénateur. Patatras. Le pari est perdu. Du coup, adieu les ambitions régionales. Cyrille Melchior aura déjà suffisamment à faire pour tenter de se faire réélire dans son canton de Saint-Paul et d’essayer, en cas de victoire, de sauver son siège de président du Département.

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Didier Robert est l’autre victime collatérale du résultat de ce soir. Avec son piètre score au premier tour, il pouvait encore espérer rester un peu dans le jeu politique en cas de victoire de Cyrille Melchior. La défaite de ce dernier lui ferme les portes de la politique à La Réunion pour un bon moment.

Emmanuel Séraphin de son côté pouvait se targuer d’un bon bilan et du fort soutien de la présidente de Région. Du fait de l’écart de voix, il se met également relativement à l’abri du recours que Cyrille Melchior va très certainement déposer.

Le Tampon : la surprise Chaussalet

S’il y avait bien une commune qu’on ne voyait pas basculer ce dimanche soir 22 mars, c’était bien Le Tampon. Même s’il n’avait été élu maire que depuis un peu moins de deux ans, Patrice Thien Ah Koon donnait l’impression d’avoir assez facilement enfilé les habits de son père et beaucoup le voyaient facilement réélu, surtout au vu des résultats du 1er tour où il avait largement devancé Alexis Chaussalet de près de 12 points.

Comme à Saint-Paul, il conviendra de se pencher plus en détails sur les résultats pour essayer de comprendre. Une première explication vient à l’esprit : le taux de participation supérieur de 5 points à celui du premier tour. Cela voudrait donc dire qu’une très grande majorité des abstentionnistes qui se sont déplacés ce dimanche auraient voté pour Alexis Chaussalet, un jeune candidat brillant et très bon orateur.

Avec Le Tampon, c’est une grosse ville qui bascule dans le giron de la gauche.

Saint-Pierre : David Lorion a su tracer son sillon

David Lorion se trouvait dans un cas de figure un peu similaire à celui de Patrice Thien Ah Koon au Tampon : élu en cours de mandat, à un peu plus d’un an de l’échéance, à la suite du décès de Michel Fontaine, il lui appartenait de faire ses preuves face à la députée Émeline K/Bidi qui l’avait battu aux dernières législatives.

Contrairement au Tampon, le maire de Saint-Pierre a été largement et facilement réélu avec 55,2% des suffrages exprimés, loin devant Émeline K/Bidi (31,6%) et Jean-Gaël Anda (13,2%).

Le parti Les Républicains sauve donc son dernier bastion.

Sainte-Suzanne : Deux perdants : Frédéric Maillot et Daniel Alamélou

Le député Frédéric Maillot pensait avoir mis tous les atouts de son côté. Arrivé assez nettement en tête au premier tour avec 5 points d’avance sur Alek Laï-Kane-Cheong, il pensait s’être assuré la victoire avec le renfort de Daniel Alamélou, arrivé en 4ème position le soir du 1er tour avec 14,36% des suffrages.

Presque 25% au 1er tour plus les 14,36% d’Alamélou, dans un contexte électoral où les autres candidats du premier tour se maintenaient, il pouvait raisonnablement être optimiste. Et pas grand monde ne donnait cher de la peau d’Alek Laï-Kane-Cheong, surtout après son refus de fusionner avec la liste d’Eddy Balbine, pourtant arrivé en 3ème position.

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A la surprise générale, il l’emporte pourtant assez facilement avec 45,30% contre 33,62 à Frédéric Maillot.

Là aussi, il faut sans doute chercher la plus grosse partie de l’explication dans les 5 points de participation supplémentaires par rapport au premier tour. Sans doute aussi que la greffe avec Daniel Alamélou n’a pas pris. Certains électeurs n’ont peut-être pas apprécié cette alliance contre-nature avec un candidat plutôt classé à droite, même si ses retournements de vestes successifs font qu’on a beaucoup de mal à le classer quelque part.

Quoi qu’il en soit, il perd beaucoup de soir. Les mauvaises langues disaient qu’il s’était vendu contre la promesse de son maintien à la présidence de la SYDNE. Adieu veaux, vaches, cochons...

La présidente de Région, qui a gagné une commune supplémentaire avec Le Tampon, en perd une symbolique avec Sainte-Suzanne.

Saint-André : Joe Bédier a senti le vent du boulet

Sur près de 25.000 votants, seules 34 petites voix séparent Joe Bédier et Laurent Virapoullé à l’issue de ce second tour.

L’ambiance était étouffante à la mairie de Saint-André. Dans un premier temps, on a vu les militants de Joe Bédier débouler en cortège, en hurlant « Bédier, Bédier », après que Réunion 1ère ait annoncé leur candidat vainqueur d’après ses estimations.

Une demi-heure plus tard, c’est le clan Virapoullé qui faisait une entrée remarquée au bureau centralisateur, situé derrière la mairie. Laurent et Jean-Marie Virapoullé venaient superviser les opérations de centralisation des résultats, à la suite de rumeurs quant à des « magouilles », dixit Laurent Virapoullé.

A ce moment de la soirée, et alors que tous les bureaux n’étaient pas dépouillés, on créditait Laurent Virapoullé d’une avance d’environ 160 voix. Du coup, les militants de Bédier, sur le parvis de la mairie, se faisaient beaucoup plus discrets.

Lire aussi : Joé Bédier réélu avec 34 voix d’avance à Saint-André

Au final, l’écart officiel est de 34 voix en faveur du maire sortant. Je dis officiel car Laurent Virapoullé va très certainement demander un recomptage des bulletins et ce résultat risque de changer légèrement. Dans le bureau n°1 par exemple, où nous avons assisté au dépouillement, le 1er adjoint Jean-Marc Péquin, a fait comptabiliser un bulletin de Joe Bédier pourtant déchiré, au motif selon lui que « selon le code électoral, il faut que le bulletin soit complètement déchiré pour qu’il soit nul ». Drôle de lecture du code électoral...

Si le résultat final ne lui est pas favorable, Laurent Virapoullé a d’ores et déjà annoncé qu’il entamera un recours contre cette élection. Il met en avant un communiqué de presse publié par la mairie durant la journée laissant entendre qu’il procédait illégalement à des transports d’électeurs, alors même qu’un peu plus loin, le même communiqué reconnaissait qu’il n’y avait là rien d’illégal. Une façon selon le candidat battu de chercher à faire pression sur les électeurs. De même, un membre du cabinet du maire l’aurait accusé sur les réseaux sociaux, toujours ce dimanche, d’avoir distribué des vélos à Fayard.

Rendez-vous très certainement prochainement devant le tribunal administratif...

En aparté, Laurent Virapoullé nous a lâché : « Finalement, les désistements ont mieux marché que les fusions. J’ai peut-être eu tort de céder », sous-entendu d’accepter de fusionner avec la liste de son frère Jean-Marie...

Saint-Leu : Thierry Robert battu à la surprise générale

Voilà encore un résultat surprenant ! Alors que Thierry Robert était arrivé largement en tête au premier tour avec plus de 44% des suffrages, il se fait battre ce dimanche soir 22 mars non pas par celui qui était arrivé en 2ème position, à savoir Brunon Domen qui s’était contre toute attente retiré de la course, mais par Karim Juhoor, qui n’était pourtant arrivé qu’en 3ème position au soir du premier tour avec 16,54% !

Comprenne qui pourra.

A-t-on assisté à un « tout sauf Thierry Robert » ? Ou faut-il plutôt chercher du côté des 4,5% d’abstentionnistes du premier tour à s’être déplacés au 2ème ?

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Difficile à dire. Il n’en demeure pas moins que c’est une claque pour l’ancien député maire que tout le monde voyait déjà réélu.

Son pari de faire le buzz dans un premier temps, pour essayer ensuite de se donner l’image d’un maire posé et capable de diriger sereinement sa commune n’a pas fonctionné...

Sainte-Marie : une victoire de Céline Sitouze annoncée

L’élection ce dimanche soir 22 mars de Céline Sitouze est sans doute la seule non-surprise de ce second tour des municipales. Dès lors que ses deux principaux concurrents de droite, Jean-Louis Lagourgue et Richard Nirlo, n’avaient pas réussi à se mettre d’accord, une voie royale était tracée pour la candidate soutenue par Huguette Bello.

Finalement, Céline Sitouze l’emporte par 53,61%, loin devant Jean-Louis Lagourgue (24,75%) et Richard Nirlo (21,73%).

Sainte-Marie, un autre bastion de Droite qui bascule à Gauche.

La Possession : Vanessa Miranville battue contre toute attente

Erick Fontaine, le défenseur des mal-logés, a battu de peu la maire sortante Vanessa Miranville par 50,35% des suffrages contre 49,65%.

Celle qui avait réussi jusque-là à se faire élire sur un programme original fait de beaucoup d’écologie et de proximité, voit sa carrière brutalement interrompue.

C’est la directrice de la SHLMR et les autres bailleurs sociaux qui ont dû passer une mauvaise nuit...

Trois Bassins : une facile réélection pour Daniel Pausé

Le fait qu’il n’ait pas été réélu dès le soir du premier tour, le 15 mars, était une petite surprise en soi. Daniel Pausé a bien rectifié le tir en se faisant facilement réélire avec une très confortable avance : 62,19% contre seulement 37,81% à son opposant Fabien Aure.

Le maire sortant va pouvoir continuer son œuvre dans la discrétion qu’on lui connait.

Cilaos : Jacques Técher battu

Laïla Nassibou a su profiter du soutien de la présidente Huguette Bello qui s’est fortement impliquée dans cette élection pour se faire élire maire de Cilaos au soir de ce second tour, dimanche 22 mars.

Lire aussi : Laïla Nassibou l’emporte à Cilaos

Ce soutien n’explique cependant pas tout puisqu’elle l’emporte assez facilement sur le maire sortant, Jacques Técher avec 55,52% contre 44,48%.

Ce dernier n’aura donc réussi à effectuer qu’un seul mandat à la tête de la petite commune des hauts de Saint-Louis.

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