Monique Bénard et Rémy Bourgogne : "Nous sommes pragmatiques, efficaces et adaptés"

Comme pour l'ensemble des candidats du pays, la campagne éclair imposée pour les élections législatives anticipées ne permet pas à Monique Bénard et son suppléant Rémy Bourgogne d'être prêts d'un point de vue matériel pour l'échéance. Faute de pouvoir disposer des affiches officielles de campagne neuves, ce sont donc les affiches restantes des campagnes précédentes qui décorent la salle dans laquelle se tenait leur conférence de presse.
Mais si la logistique n'est pas encore prête, le discours entre les deux candidats est, lui, au point. Si cette alliance entre celle qui se présente comme centre-droit et celui qui se dit à l'extrême-gauche est possible, c'est parce que les deux discutent depuis 2022. "On veut montrer à la population qu'on peut se rassembler autour d'un projet pour le territoire et sur tout ce qui nous rapproche", explique Monique Bénard.
"Quand on a pris contact en 2022, elle m'a dit 'tes idées sont mes idées', mais elle s'était déjà engagée avec Nathalie Bassire à ce moment-là. Ce n'est pas une alliance de circonstances", souligne de son côté Rémy Bourgogne. Celui-ci affirme avoir eu de nombreuses sollicitations, mais "plus par des gens qui n'étaient pas de mon bord politique que du mien. C'était amusant". Il a préféré se lancer aux côtés de celle avec qui les discussions étaient établies depuis longtemps.
"Nous voulons apporter de l'exemplarité à la population"
Concernant les idées communes, ils assurent "être là pour la population et ne pas être figés sur une posture braquée". Ils se lancent donc ensemble sous le statut de sans-étiquettes. L'autre point de concordance, c'est sur le principe d'être des élus de terrain qui connaissent les besoins des habitants de la circonscription.
"Nous ne sommes pas des gens parachutés par des partis. Ce sont souvent des gens qui sortent des écoles et qui ne connaissent pas la réalité du terrain. Nous, nous sommes pragmatiques, efficaces et adaptés. Nous voulons apporter de l'exemplarité à la population", assure la conseillère municipale d'opposition du Tampon.
"Faire des chèques différés pour acheter du riz et des pâtes, c'est ça la réalité des Réunionnais. Je ne serai pas la voix de la population, mais son cri de détresse. Je serai toujours à leur côté, même si je dois perdre. Je ne veux pas être une élue qui pense que sa position est supérieure à celle de la population", assure la candidate.
Pour Rémy Bourgogne, leur candidature est une alternative entre la confrontation annoncée entre les candidats du Nouveau Front Populaire (NFP) et du Rassemblement National (RN). "S'il n'y a qu'un seul choix, ce n'est pas un choix. Il n'y a pas que le NFP et le RN, car nous sommes un choix. On veut pouvoir porter un projet et être force de proposition."
Pour eux, il n'y a aucun doute, ils seront bien présents au second tour. Reste à savoir si les électeurs de la 3e circonscription voudront bien les envoyer jusqu'au Palais Bourbon.


