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"Mobilité sans retour", ces Réunionnais qui veulent rentrer au pays...

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 24 mars 2011 à 16H36

On se souvient des stagiaires de l'Éducation nationale qui campaient devant le Rectorat pour ne pas avoir à quitter leur département pour exercer leur métier. Certains Réunionnais ont sauté le pas, par envie, volonté de changement, curiosité, soif de voyage… mais n'ont jamais dit qu'ils ne comptaient pas rentrer un jour !

Jérôme est gardien de la paix à Paris. Âgé aujourd'hui de 36 ans, il a décidé il y a huit ans de quitter la Réunion pour acquérir une nouvelle expérience professionnelle. "Je travaillais dans les assurances à la Réunion et j'ai voulu changer. D'abord mécanicien au ministère de l'Intérieur, je finis par entrer un an en école de police. Aujourd'hui, je suis gardien de la paix, spécialité chauffeur. Je connais Paris comme ma poche !", affirme-t-il fièrement, lui qui aime raconter combien il était perdu en arrivant en métropole, ne sachant pas même enlever du verglas sur la vitre de sa voiture…

Mais aujourd'hui, il n'a plus qu'une seule idée en tête, rentrer dans son île. "Quand vous partez, vous vous engagez à respecter un contrat de cinq ans. Mais dans la réalité, on vous fait attendre bien plus longtemps !" Et c'est bien là que le bât blesse. Après cinq ans de contrat respecté au sein de la police, certains décident de transmettre une demande de mutation... mais ils ne sont pas au bout de leur peine. Les années passent, et force est de constater qu'ils n'ont toujours pas bougé.

"On a cru en la mobilité"

L'association "Mobilité sans retour" a vu le jour fin 2010. Composée, pour le moment, principalement de fonctionnaires de police, l'association est ouverte à tous les fonctionnaires réunionnais qui souhaitent revenir à la Réunion… L'association se veut rassurante, combattive et à l'écoute de ses membres: "Nous souhaitons unir nos forces pour nous battre et faire valoir nos droits face à l'administration. L'association peut aussi être un lieu de détente et d'entraide pour ces Réunionnais et leur famille", souligne Jérôme Alpou, actuel président de l'association.

"On a cru en la mobilité. Un jeune peut évoluer grâce à elle, mais à quel prix? C'est tellement facile de partir mais si difficile de rentrer chez soi", résume le gardien de la paix. Les membres demandent une seule chose aujourd'hui : Que les élus se mobilisent pour changer l'administration. "Nous demandons que la mutation ne soit pas si longue. La moyenne actuelle est de l'ordre de 10 à 15 ans, nous souhaitons qu'elle soit de 5 à 10 ans", déclare le président.

"Je ne veux pas prendre l'avion pour un décès"

Au 1er septembre 2010, une cinquantaine de personnes a été mutée à la Réunion. Douze Réunionnais ont ainsi bénéficié de cette vague dont neuf pour rapprochement de conjoint. "Pourquoi ne pas mettre en place sur 50 personnes, la règle 25 Réunionnais-25 autres?", interroge le représentant de "Mobilité sans retour".

Les membres de l'association sont déterminés à interpeller tous les élus. Jérôme a pour sa part décidé de mettre entre parenthèse sa mutation vers la Réunion… Il a demandé à être transféré à Mayotte pour se rapprocher de son île. Il a signé pour trois ans. "Je veux voir ma famille et mon entourage. Je ne veux pas prendre l'avion pour un décès", justifie-t-il. Bien décidé à ne pas abandonner, il continuera à militer pour l'association depuis Mayotte, mais finit par avouer que "si tout était à refaire, je ne referai sans doute pas pareil".

 

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