Mobilité : les maires du Sud et de l’Est ne veulent pas “rater le train”

Cinq mairies de l’Est et du Sud et trois intercommunalités se sont mobilisées ce samedi pour exprimer leurs inquiétudes à quelques jours de la signature de la feuille de route de la révision du SAR (Schéma d'aménagement régional).
Comme vous l’avait révélé Zinfos974 en juin dernier, de nombreux élus se sont insurgés suite à la présentation par la Région de sa révision du Schéma d’aménagement régional. Aujourd’hui, c’est avec prudence que plusieurs élus de l'Est, du Sud et des Hauts ont exprimé leurs inquiétudes liées à la feuille de route présentées après les États généraux de la mobilité, ainsi qu'à la révision du SAR.
Ils expliquent avoir été consultés pour la mise en place de la feuille de route de la révision du SAR, mais déplorent ne pas avoir été "assez" entendus. Une invitation a été lancée par la Région et les élus sont invités à signer le texte qui déterminera la stratégie de développement de La Réunion pour plusieurs décennies.
La RN3, pierre angulaire du développement du Sud et de l'Est
Patrice Thien-Ah-Koon, maire du Tampon, Jacquet Hoarau, président de la Casud, Stéphano Dijoux, représentant David Lorion, maire de Saint-Pierre et président de la Civis, sont les élus sudistes qui soutiennent les demandes des communes de l'Est. Une liaison plus directe entre l'Est et le Sud serait profitable pour les deux micro-régions, expliquent-ils.
Patrice Thien-Ah-Koon rappelle que cette idée germe depuis de nombreuses années : "Ce sujet, je l'ai entendu la première fois, c'était lors de discussions entre Paul Vergès et André Thien-Ah-Koon. Le sujet de la connexion entre l'Est et le Sud transcende les clivages politiques."
Les élus de l'Est, Johnny Payet, maire de la Plaine-des-Palmistes, Patrice Selly, maire de Saint-Benoît et président de la Cirest et Jean-Bernard Latchimy, représentant le maire de Bras-Panon, déplorent un manque de considération de leurs propositions. Ils en veulent pour preuve l’absence de projet pour la RN3 alors que les habitants du Sud et de l’Est sont piégés dans un coma circulatoire.
"Nos collectivités a participé au SAR", assure Johnny Payet, maire de la Plaine-des-Palmistes, "on travaille avec la Région et on essaie de mettre dans le schéma de la mobilité et dans le futur SAR, une meilleure circulation entre l'Est et le Sud."
L'édile d'extrême-droite précise que l'implication des élus du Sud et de l'Est aujourd'hui est primordial pour le développement des micro-régions pour les prochaines années : "La Région a déjà fait un travail extraordinaire sur la RN3 à Saint-Benoît et la Plaine-des-Palmistes. Aujourd'hui, on est bien. Mais dans le schéma pour les 30, 40 prochaines années, on ne sera pas bon !"
Des garanties pour signer la feuille de route
Tous les élus présents assurent avoir été concertés par la Région et affirment que les échanges sont toujours en cours quant à la préparation de la feuille de route régionale après les États généraux de la mobilité, les mairies rassemblées aujourd'hui déplorent ne pas voir leurs projets y figurer.
"Nous disons oui au projet ferroviaire porté par la Région et nous saluons le travail fait ces deux dernières années. Mais le constat est que nos propositions n'ont pas été suffisamment retenues. Nous demandons à ce que la Région nous apporte des garanties suffisantes pour que ces aménagements futurs soient possibles et que le désenclavement soit possible."
Patrice Selly a aussi pris comme exemple la formulation d’un projet de marché de gros à Saint-Benoît qui n’a pas été retenu dans la révision du SAR. Le président de la Cirest, lui aussi, ne souhaite pas positionner en opposition à la Région : "Je ne doute pas que la Région entendra ce message et en tiendra compte."
Développer la liaison économique entre l'Est et le Sud
Jacquet Hoarau, président de la Casud, appelle à une réflexion sur la mobilité entre l'Est et le Sud : "Le schéma reste limité au rail, à une ceinture ferroviaire qui va encore développer les grandes villes côtières et nous, nous allons encore restés sur le carreau. Et comme les engagements seront inscrits pour les 30, 40 prochaines années, il faut tout de suite mettre dans le SAR nos projets pour favoriser les échanges économiques.."
Si les maires et présidents des intercommunalités de l’Est et du Sud se disent inquiets, ils saluent unanimement le travail de la Région sur les projets actuels. Ils ne veulent cependant pas “rater le train” du développement des micro-régions Sud et Est pour les prochaines décennies.
Les élus rassemblés aujourd'hui espèrent que la feuille de route de la Région sera amendée avant la signature prévue ce vendredi.


