Mieux que sur Netflix : le patron d'un cartel de drogue mexicain livre un de ses homologues à la police américaine

Les autorités américaines ont annoncé vendredi avoir porté un "coup très dur" au cartel mexicain de Sinaloa, l'un des réseaux de trafic de drogues les plus meurtriers du monde, notamment en raison des ravages causés par le fentanyl, une drogue qui fait des ravages aux Etats-Unis. Deux chefs du cartel, Joaquin Guzman Lopez et Ismael Zambada Garcia, ont été capturés lors d'une opération d'infiltration audacieuse.
L'arrestation a eu lieu au Texas, après que les deux hommes ont été cueillis à l'atterrissage de leur avion privé. Selon des informations relayées par plusieurs médias américains, Guzman Lopez, fils du célèbre baron de la drogue "El Chapo", aurait convaincu Zambada Garcia, alias "El Mayo", de prendre un avion soi-disant à destination du sud du Mexique pour y visiter des résidences immobilières. L'avion a en réalité mis le cap au nord et a atterri à El Paso, aux États-Unis.Guzman Lopez s'est rendu sans résistance, tandis que Zambada Garcia, 76 ans, a été arrêté.
Présenté devant une juge fédérale au Texas dès vendredi, Zambada Garcia a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue et de blanchiment, selon des documents judiciaires. Son avocat a cependant déclaré au Los Angeles Times que son client ne s'était "pas livré volontairement".
Le président américain Joe Biden a salué cette opération dans un communiqué, se réjouissant de la capture de "deux des dirigeants les plus en vue du cartel de Sinaloa". Il a souligné l'importance de cette arrestation dans la lutte contre le fléau du fentanyl, qualifiant ce puissant opiacé de synthèse de "menace la plus meurtrière à laquelle notre pays ait jamais été confronté en matière de drogue".
Ces deux arrestations devraient permettre aux Démocrates de marquer des points dans la course à la présidentielle de novembre, Donald Trump faisant de ses critiques contre la "passivité" face aux trafics de drogue en provenance du Mexique de l'administration Biden, et donc par ricochet de Kamala Harris, l'un des axes majeurs de sa campagne.
Le Mexique, de son côté, a reconnu ne pas avoir participé à l'opération et n'avoir eu connaissance d'aucun détail. Le président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador a exigé un "rapport complet" des États-Unis, appelant à plus de respect et de transparence. Rosa Icela Rodríguez, ministre de la Sécurité, a exprimé des doutes sur les circonstances de l'arrestation, se demandant si "El Mayo" avait été capturé ou s'il s'était livré de son plein gré.
Le fait que la police américaine n'ait pas tenu ses homologues mexicains au courant de cette opération s'explique probablement par le fait que les milieux politiques, la police et l'armée mexicaines sont totalement gangrénés par la corruption initiée par les patrons des cartels de drogue.Or, qui potentiellement peut avoir les meilleures informations sur le mode opératoire du narcotrafic, ses connexions avec les autorités politiques et militaires mexicaines, si ce n'est Ismael Zambada ?
Les États-Unis ont enregistré plus de 107.000 décès par overdose en 2023, le fentanyl étant responsable d'environ 70% de ces décès. Au Mexique, les violences liées au narcotrafic continuent de faire des ravages, avec plus de 450.000 personnes assassinées depuis le lancement d'une offensive militaire contre les cartels de la drogue en 2006.
Et le cartel de Sinaloa, basé dans le nord-ouest du Mexique, est justement réputé pour ses liens avec les plus hauts niveaux de la police fédérale et de l'armée mexicaine, selon Insight Crime.


