Mieux manger après les vacances : quand l’équilibre alimentaire commence dans la tête

À l’heure des bonnes résolutions de rentrée, beaucoup cherchent à corriger leurs excès alimentaires. Mais plutôt que de suivre des régimes stricts, la psycho-nutrition invite à écouter son corps et ses émotions pour retrouver un équilibre durable dans l'assiette.
À chaque rentrée, nous revenons souvent avec l’envie de mieux manger après les vacances. Mais au-delà des listes d’aliments conseillés ou bannis, l’essentiel se joue ailleurs : dans la manière d’écouter son corps et de gérer ses émotions. C’est ce qu’explique Myriam Ah-Pine, diététicienne spécialisée en psychonutrition et micro-nutrition au Tampon.
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L’alimentation, entre réconfort et équilibre
La psycho-nutrition s’intéresse à la relation intime que chacun entretient avec la nourriture. Elle met en lumière les comportements et les émotions qui influencent nos choix alimentaires. « Le terme psycho-nutritionniste désigne la psychologie et la pédagogie du comportement alimentaire pour des changements durables. Elle se focalise sur le côté psychologique et émotionnel autour de l’alimentation », explique Myriam Ah-Pine, diététicienne spécialisée en psycho-nutrition et micro-nutrition.
L’objectif n’est pas de dresser une liste d’interdits, mais de trouver un juste milieu : « Il faut que la bascule entre réconfort et bien-être soit équilibrée. Manger très équilibré si on n’y trouve aucun réconfort est rarement durable, comme de ne chercher que le réconfort sans équilibre. »
La rentrée peut être le bon moment pour se reconnecter à ses sensations. « Il faut être à l’écoute de ses sensations et de son instinct. Cela ne sert à rien de manger une salade si l’on n’est pas satisfait et que l’on va chercher le réconfort ailleurs, souvent dans des collations inadaptées », rappelle la diététicienne.
Faim, satiété, soif : le corps envoie des signaux que l’on a souvent oubliés de prendre en compte. « Il faut retrouver cette écoute pour faire quelque chose de naturel et instinctif. » Myriam Ah-Pine souligne aussi l’importance de la mastication, qui facilite la digestion et permet aux signaux de satiété d’être perçus, ainsi que de l’hydratation : « L’hydratation fait travailler les reins, qui servent à évacuer les déchets de notre corps. »
Le rôle du stress dans nos assiettes
Souvent sous-estimé, le stress est pourtant un facteur central dans nos comportements alimentaires. « C’est un pilier à part entière de notre bien-être au même titre que l’activité physique et l’alimentation. Le stress a des conséquences à la fois physiques, biologiques et hormonales. Il peut modifier nos comportements et provoquer une alimentation compulsive. »
Pour éviter que l’assiette ne devienne une soupape, il faut trouver d’autres exutoires : respiration en pleine conscience, sport, activités artistiques, tâches quotidiennes valorisantes. « Quand on sait s’écouter, on peut répondre autrement que par l’assiette. »
Avancer par petits pas
À la rentrée, nombreux sont ceux qui veulent changer du jour au lendemain. Mais cette approche radicale s’avère rarement efficace. « Le changement demande de l’énergie et il faut bien se concentrer pour qu’il apporte quelque chose de durable. L’idéal est de commencer par de petits changements, de valider le bienfait de l’effort, cela permet de revenir plus rapidement en cas de craquage », recommande la spécialiste.
Les aliments riches en gras, sucre et sel, surnommés « le trio d’or », font partie des pièges. « Ils faussent les récepteurs au niveau du cerveau et peuvent faire sauter nos limites. Cela fait perdre les repères du corps », explique Myriam Ah-Pine. L’enjeu n’est pas de les bannir, mais d’apprendre à les savourer avec conscience et modération.
Des conseils simples pour la rentrée
Plutôt que des règles strictes, la diététicienne recommande de réintroduire progressivement de meilleurs choix : « L’objectif, c’est d’augmenter les aliments riches en fibres, que l’on retrouve dans les fruits, les légumes, les légumineuses et certains féculents comme le songe ou le fruit à pain. »
La qualité des graisses est aussi primordiale. « Avec la nourriture industrielle, c’est la qualité des matières grasses qui est préjudiciable. On manque cruellement d’oméga 3, que l’on retrouve notamment dans les poissons gras – sardines, anchois, maquereaux – ou dans les sources végétales comme les noix et l’huile de lin. Concrètement, une cuillère à café d’huile de lin crue ajoutée dans notre alimentation et la consommation de deux portions de poissons gras par semaine permettent de répondre à ce besoin. » Et d’ajouter : « L’important est de les utiliser à froid pour préserver tous leurs bienfaits. »
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