Michel Barnier expose les priorités de son gouvernement devant l'Assemblée nationale

Ce mardi, le Premier ministre Michel Barnier a présenté sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, un moment attendu et ponctué de tensions politiques. Son discours a été précédé d'une minute de silence en hommage à la jeune Philippine, victime d'un féminicide survenu à Paris. Ce tragique événement a rappelé l'urgence de la lutte contre les violences faites aux femmes, un thème central pour le chef du gouvernement.
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Les enjeux économiques et sociaux en première ligne
L'un des thèmes centraux du discours a été la situation préoccupante des finances publiques. Le Premier ministre a dressé un tableau alarmant de la dette nationale, qui s’élève à 3 228 milliards d’euros. Il a souligné la nécessité de redresser la barre rapidement, affirmant : "Nous sommes collectivement sur une ligne de crête". Le déficit public, qui devrait dépasser 6 % cette année, devra être réduit à 5 % en 2025, avec l’objectif de revenir à 3 % en 2029, conformément aux engagements européens.
Pour y parvenir, Michel Barnier a annoncé une contribution "exceptionnelle et limitée dans le temps" qui sera demandée aux Français les plus fortunés et aux grandes entreprises. "Nous devons faire beaucoup avec peu", a-t-il martelé, précisant que deux tiers de l’effort viendra de la réduction des dépenses publiques, tout en veillant à préserver les services essentiels pour les plus fragiles.
Transition écologique et engagement social
Sur le plan environnemental, Michel Barnier a insisté sur la nécessité d'une "écologie de solution", notamment via le développement du nucléaire et des énergies renouvelables. Il s'est engagé à garantir 100 % d'électricité renouvelable dans les territoires d'outre-mer d'ici 2030, tout en restant prudent sur les impacts des éoliennes.
Sur les enjeux sociaux, le Premier ministre a fermement rejeté toute remise en cause des acquis sociétaux, comme le mariage pour tous, la procréation médicale assistée (PMA) et l'IVG. Il a également réitéré son engagement pour la laïcité et la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les violences faites aux femmes.
Le défi des retraites et des élections en Nouvelle-Calédonie
Michel Barnier a également abordé la réforme des retraites, assurant que des ajustements seraient possibles, notamment sur les retraites progressives et l'égalité femmes-hommes. Concernant la Nouvelle-Calédonie, il a annoncé le report des élections provinciales jusqu'à fin 2025, afin de favoriser un consensus politique. Il s'est dit, également, ouvert à la réflexion sur le scrutin à la proportionnelle.
Le SMIC revalorisé de 2%
Le Premier ministre a également dévoilé des mesures sociales phares, à commencer par une revalorisation anticipée du SMIC de 2 %, dès le 1er novembre. "Notre objectif est que tous les Français frappés par la vie chère voient une amélioration de leur niveau de vie dès l’année prochaine", a-t-il affirmé.
En matière de santé, la priorité du gouvernement sera de lutter contre les déserts médicaux. Pour ce faire, Michel Barnier a annoncé le lancement d'un "programme Hippocrate", encourageant les internes, français et étrangers, à exercer dans les zones en pénurie. Il a aussi confirmé que la santé mentale sera "la grande cause nationale de 2025", rappelant que "ce problème touche un Français sur cinq" et qu’il nécessite une meilleure prévention et un renforcement du dépistage.
Sur l’éducation, Michel Barnier a promis de renforcer l’attractivité du métier d’enseignant et d’améliorer l'inclusion des élèves en situation de handicap.
Sécurité et immigration : une ligne de fermeté
La sécurité a également été au cœur du discours de Michel Barnier, qui a promis un renforcement visible de la présence policière sur tout le territoire. Il s’est dit favorable à l’instauration de "peines de prison courtes mais immédiatement exécutées pour certains délits", tout en insistant sur la nécessité de créer des établissements de courtes peines pour mineurs délinquants.
Concernant l'immigration, Barnier a exprimé sa volonté de reprendre le contrôle de la politique migratoire française. Il envisage de "restreindre davantage" les visas pour les pays refusant d'accueillir leurs ressortissants expulsés, et de prolonger la rétention des étrangers en situation irrégulière. "La France continuera, aussi longtemps que nécessaire, à rétablir des contrôles à ses propres frontières, comme le permettent les règles européennes", a-t-il ajouté, en référence aux mesures similaires prises récemment par l'Allemagne.
Un appel à la fraternité et au dialogue social
Pour conclure, Michel Barnier a appelé à une France "plus fraternelle", souhaitant encourager le bénévolat, la vie associative et le soutien aux familles. Il a également souligné l'importance du sport, en s’appuyant sur l’élan des Jeux olympiques et paralympiques pour promouvoir la pratique sportive, notamment pour les personnes en situation de handicap.
Enfin, le Premier ministre a annoncé que le dialogue reprendrait sur la question de la fin de vie, soulignant qu’"accompagner les personnes en fin de vie" est une expression de fraternité.


