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Me Mohammad Omarjee élu nouveau bâtonnier du barreau de Saint-Pierre

Les avocats du barreau de Saint-Pierre ont élu Me Mohammad Omarjee en tant que bâtonnier. Il succède à Me Séverine Ferrante et prendra ses fonctions à partir du 1er janvier.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 8 juin 2023 à 13H23

"J'ai voulu m'engager pour mon barreau, pour mes confrères et les justiciables", résume simplement Me Mohammad Omarjee pour expliquer les raisons qui l'ont motivé à se présenter au bâtonnat du barreau de Saint-Pierre pour la période 2024-2025.

Alors qu'il faisait face à Me Amel Khlifi-Ethève, c'est finalement lui que ses pairs sudistes ont désigné hier pour les représenter auprès des différentes institutions. Au 1er janvier, il va recevoir le bâton détenu actuellement par Me Séverine Ferrante, dont il veut poursuivre le travail.

Un parcours sans fautes

Représenter les avocats de sa ville natale représente autant un accomplissement qu'un défi de taille pour Me Mohammad Omarjee. Après avoir été élève au lycée Ambroise Vollard de Terre-Sainte, il a entamé ses études de droit au Tampon puis à Saint-Denis.

Il s'envole ensuite pour Paris où il obtient son Master II en droit social. Il y reste pour continuer sa formation d'avocat à l'école de formation professionnelle du barreau de Paris. C'est en 2012 qu'il prête serment.

Devenu l'un des premiers élèves-avocats à La Réunion, il a d'abord intégré le cabinet Gangate où il a fait ses premières armes pendant deux ans. Il a ensuite fondé Ker Avocats avec un autre ancien bâtonnier, Me Norman Omarjee, et Me Lenaïg Labouré. Depuis, le cabinet s'est développé et compte à présent trois collaborateurs.

Faire le lien entre le passé et le futur

Saint-Pierrois pur jus, Me Mohammad Omarjee a vu le barreau de Saint-Pierre évoluer depuis qu'il a revêtu la robe il y a une dizaine d'années. "Quand je suis arrivé, il y avait 40 avocats, contre 112 aujourd'hui. Il y a eu un rajeunissement de notre profession qui enrichit le barreau en apportant un nouveau mode d'exercice. C'est le cas de nos jeunes confrères qui se spécialisent dans des niches et enrichissent l'offre que l'on propose aux justiciables", souligne-t-il.

Ainsi, il souhaite accompagner la tendance des jeunes avocats qui désirent s'installer à leur compte. Bien évidemment, l'argent est le nerf de la guerre, notamment "en raison de la paupérisation de nos clients". C'est surtout le délai d'attente et les difficultés liées au versement de l'aide juridictionnelle par les services de l'État qu'il compte peser.

Mais tourner le barreau de Saint-Pierre dans son évolution n'est pas la seule pierre angulaire de son bâtonnat. "Je crois beaucoup à la transmission. Je n'ai que 37 ans certes, mais j'ai toujours écouté les conseils des anciens. L'histoire du barreau de Saint-Pierre est très importante pour moi", assure-t-il, avant de rappeler que le plus vieil avocat en activité de France, Me Roland Motais de Narbonne, officie toujours au palais de justice de Saint-Pierre.

S'il a connu sept bâtonniers depuis qu'il a prêté serment, Me Mohammad Omarjee souhaite s'inspirer et poursuivre le travail de ses deux prédécesseurs. "Me Norman Omarjee a accompli un gros travail pour gérer la période Covid et la réforme des retraites. Me Séverine Ferrante a su tenir le barreau en étant bienveillante et à l'écoute. Et c'est cette façon de faire que je veux reproduire. Le bâtonnier doit faire preuve d'autorité tout en étant bienveillant envers ses confrères", conclut-il.

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