Mayotte : Les sortants favoris, le RN en embuscade

Avec douze candidats pour seulement deux postes de députés, ces élections législatives dans l'île aux parfums semblaient promettre une lutte de haut-vol. Mais à y regarder de plus près, les sortants peuvent souffler un peu. Des deux parlementaires, c'est surtout Estelle Youssouffa, sans étiquette, qui est dans la situation la plus confortable. Elle n'aura que trois concurrents dans cette course pour le palais Bourbon, dont son ancien suppléant, Saïd Kambi, l'un des leaders du mouvement "Forces vives". Aurelia Maillard, pour le parti Reconquête, et Saify Mikhaël, pour Lutte Ouvrière, seront aussi sur la ligne de départ. De manière intéressante, le RN a décidé de ne pas venir chasser sur les terres de la députée Youssouffa, célèbre pour son franc-parler. Malgré les bons scores réalisés par le parti à la flamme depuis plusieurs années (52,42% des voix lors des dernières élections européennes), le RN a décidé de se concentrer sur la seconde circonscription de l'île aux parfums. Un choix qui interroge d'autant plus depuis le ralliement d'Éric Ciotti au RN en vue de ces législatives.
Mansour Kamardine, victime collatérale de la pagaille au siège des LR ?
La bataille sera plus dure dans la seconde circonscription, où le sortant Mansour Kamardine fera face à sept autres candidats. Si le député a réussi à récupérer l'investiture LR, la confusion qui règne au sommet du parti commence à montrer ses conséquences. Difficile de savoir à quelle chapelle l'élu doit son investiture. Provient-elle du courant frondeur qui tente de mettre Éric Ciotti à la porte, ou provient-elle du président des LR dans le cadre des 70 circonscriptions négociées avec le RN. La semaine dernière, le JDD affirmait que le député sortant était en négociation pour rallier le RN 976 à sa cause. Des pourparlers qui ont, à l'évidence, échouées avec la candidature d'Anchya Bamana, l'ancienne maire de Sada. Une décision que le député sortant a apprise comme tout le monde via les réseaux sociaux. Pour ajouter à la confusion, la candidate RN avait même déjà déposé son dossier à la préfecture au moment où André Rougé, le monsieur Outre-mer du RN, affirmait sur X (ex-twitter) que le RN ne présenterait pas de candidat. L'extrême droite alignera aussi une autre candidate, en la personne de Manon Moreno, pour Reconquête.
La majorité présidentielle est visiblement déterminée à perdre cette élection, avec la présence de deux candidats, Madi Boinamani Madi Mari (soutenu par Renaissance) et Daniel Martial Henry, le président du Modem Mayotte. Soula Said Souffou (Mouvement pour le développement de Mayotte) et Ahumad Salime (DVD) complètent le tableau. Adacolo Bacar, Union pour la Sécurité de Mayotte, récupère l'investiture du Front Populaire et constitue le principal candidat à gauche.


