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Mayotte : L'ancienne députée Ramlati Ali et un commandant de gendarmerie bientôt jugés pour fraude électorale

L'ancienne députée, le militaire, un médecin et cinq autres prévenus vont devoir s'expliquer sur le prétendu système qu'ils auraient mis en oeuvre afin de gagner des voix par le biais de fausses procurations lors des législatives de 2017. Malgré cette affaire, Ramlati Ali avait poursuivi son mandat jusqu'en 2022, année où le major mis en cause avait également présenté sa candidature sans succès.
Ecrit par Isabelle Serre – le samedi 7 septembre 2024 à 10H15
Ramlati Ali et Ahamadi Boura ont comparu devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou (DR)

Le procès des huit prévenus qui devait se tenir en avril dernier a été renvoyé à la demande de la défense et se déroulera le 24 septembre prochain à Mamoudzou. Ramlati Ali, ancienne députée de la République de 2018 à 2022, le major retraité Ahamadi Boura, commandant de gendarmerie à Mtsamboro, un médecin de l'hôpital de Dzoumogné sont notamment renvoyés devant la juridiction correctionnelle pour des manoeuvres frauduleuses ayant faussé les résultats des élections législatives de juin 2017.

Ramlati Ali, première femme députée élue à Mayotte, avait été élue au second tour pour la République en Marche à 50,17% des voix contre 49,83% pour son opposant Les Républicains, Elad Chakrina, soit 54 voix d'écart. Ce dernier avait dénoncé des irrégularités dans le scrutin et déposé un recours devant le Conseil constitutionnel.

L'élection avait ainsi été invalidée en janvier 2018, au motif que la sincérité du scrutin avait été altérée. Une vingtaine de procurations avaient été pointées du doigt. A l'issue du scrutin, le major Boura, officier de police judiciaire habilité à établir des procurations, avait déclaré dans un compte-rendu adressé à sa direction qu'il n'était pas allé à la rencontre des personnes mandantes, comprenez ceux qui avaient donné procuration.

Des certificats médicaux établis par le même praticien

Cette déclaration avait mis la puce à l'oreille du parquet et une enquête confiée à la section de recherches de Pamandzi avait été ouverte. Rapidement, les investigations avaient démontré que tous les mandants des procurations gérées par le militaire avaient fourni un certificat médical établi par le même médecin généraliste mentionnant l'impossibilité pour les patients de se déplacer de chez eux pour aller voter.

Entendus, les mandants, des personnes âgées majoritairement, avaient pour la plupart déclaré qu'ils ne savaient pas "ce qu'étaient des élections législatives" et "ne pas avoir consulté un médecin". Toutes les procurations douteuses avaient été par ailleurs remplies et validées par le major.

L'enquête avait ensuite mis en exergue l'existence "de rabatteurs" chargés de rechercher dans les villages des voix pour Ramlati Ali par l'intermédiaire de procurations. Selon nos informations, le médecin avait déclaré avoir établi des certificats médicaux sans rencontrer les patients à la demande Ramlati Ali et pour lui rendre un service "entre confrère", cette dernière exerçant en tant que chef de service au Centre hospitalier de Mayotte.

 

 

 

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