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Marseille–La Réunion : 270 passagers Corsair bloqués, deux nuits sans solution et toujours aucune certitude

Ecrit par J.D – le mercredi 11 juin 2025 à 11H56

Depuis lundi soir, les passagers du vol S636 de Corsair à destination de La Réunion attendent un avion qui ne vient pas. Deux nuits passées dans l’aéroport de Marseille, peu d’informations et une colère sourde. Témoignages.

Ils devaient décoller lundi 9 juin à 21h15 pour rejoindre La Réunion. Deux jours plus tard, les 270 passagers du vol Corsair S636 sont toujours bloqués à l’aéroport de Marseille-Provence. À l’origine, une panne technique sur l’appareil. Mais depuis, c’est l’organisation de crise qui fait défaut. Et les voyageurs, dont de nombreux Réunionnais, sont à bout.

« L’avion a eu un problème technique, on a mangé dedans, puis on nous a fait ressortir. Après ça, plus rien », raconte un passager. Le lundi soir, certains ont pu rejoindre un hôtel. Mais « 70 personnes sont restées dans le hall, faute de bus ou de chambres disponibles ». Taxi improvisé, hôtels dispersés, familles éclatées, et au final : des passagers livrés à eux-mêmes.

« Ce sont les policiers aux frontières qui nous ont appris que le vol était annulé »

Mardi, la promesse d’un départ à 19h15 redonne espoir. Les bagages sont enregistrés. En salle d’embarquement, aucun personnel, aucun message, aucun embarquement. « On a attendu des heures. Ce sont les policiers aux frontières qui nous ont appris que le vol était annulé. » Colère, tensions, explosion d’exaspération. « Il a fallu passer les contrôles de sécurité en force pour sortir. »

La nuit suivante, quelques lits de camp sont installés. Mais la majorité dort sur les banquettes. « C’est la deuxième nuit que je passe à dormir dans l’aéroport. J’ai pu rejoindre ma famille sur Marseille pour la troisième nuit mais beaucoup ont dormi sur place. » Une autre passagère confie : « On est dans un état d’épuisement psychologique. Les gens n’y croient plus. Ils sont abattus. »

Le seul dîner fourni ? Les plateaux-repas de l’avion, distribués mardi soir avec une bouteille d’eau. « Et encore, il a fallu insister. Faire pression pour avoir à boire et à manger. » Corsair promet une indemnisation de 600 euros. Mais sur place, personne pour représenter la compagnie, pas de message clair, pas d’explication sur l’enchaînement des retards.

Ce mercredi 11 juin, les passagers ont reçu un SMS leur annonçant un possible départ à 12 heures, finalement repoussé à 17h30. Un nouvel avion aurait été affrété depuis Paris, avec un équipage de relève. Sauf que le vol n’apparaît même pas sur les panneaux d’affichage de l’aéroport. Impossible de joindre un interlocuteur chez Corsair. « On n’en peut plus », lâche un voyageur. L’épuisement est général, la lassitude palpable. « Les gens ne croient plus à un départ. » Et surtout, aucune information claire ne filtre.

Parmi eux, des personnes âgées, des passagers en fauteuil roulant, des enfants en bas âge, des couples en voyage de noces ou des salariés en mission. Tous dans l’attente. Et dans une profonde lassitude. « Ce n’est plus un retard. C’est un abandon. ».

Contactée, la compagnie Corsair doit revenir vers nous très rapidement.

Lire aussi : Corsair évoque une "situation exceptionnelle" et promet un départ ce mercredi 11 juin à 17h30

Etiquettes : Corsair

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