Mariage gay : Nos sept députés ont choisi

L'Assemblée nationale a mis un terme hier à un marathon législatif de plus de 100 heures de débats sur le projet de loi de mariage homosexuel. En première lecture, les députés ont adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe par 329 voix contre 229. 10 députés se sont abstenus, 9 n'ont pas pris part au vote.
Au sein des rangs socialistes, notons les désolidarisations de quatre députés dont fait partie Patrick Lebreton. Depuis des mois, le député-maire de Saint-Joseph avait annoncé qu'il braverait la position de son groupe pour voter contre. Bernadette Laclais (Savoie), Jérôme Lambert (Charente) et Gabrielle Louis-Carabin (Guadeloupe) ont fait de même. Avec la fin de ce débat à l'Assemblée, Patrick Lebreton marque aussi son impatience de voir aboutir d'autres sujets de société. "Je reste convaincu que la Réunion a d'avantage besoin d'un nouvel élan social que de cette réforme sociétale. Notre île n'avait pas besoin de ce débat qui a divisé et qui a offert une tribune aux plus intolérants des deux camps. (...) Le mariage que je serai heureux de voir chaque jour célébré sera celui de la jeunesse réunionnaise et de l'emploi", conclut le député dans un communiqué.
Toujours à gauche, mais localement, la député de la 1ère circonscription de La Réunion, Ericka Bareigts, a marqué son vote favorable par un bémol sur la question de la Procréation Médicalement Assistée ou PMA. Elle rejoint sur ce dernier point Jean-Jacques Vlody de la 3ème circonscription. Pas d'urgence sur le sujet qui divise (encore une fois) : il devrait être mis à l'ordre du jour de l'Assemblée dans les mois qui viennent.
Lutte d'influence en vue au Sénat
Jean-Claude Fruteau (5ème circonscription) et Monique Orphé (6e) se sont quant à eux réjouis de cette "grande avancée sociale" en faveur des couples homosexuels. Leur vote "pour" au texte était largement acquis et rendu public ces dernières semaines.
Le Modem Thierry Robert n'a eu de cesse de réclamer la consultation populaire comme juge de paix. Comme beaucoup d'autres élus qui avaient considéré cette voie comme la plus légitime sur un tel sujet de société, il ne sera finalement pas entendu. Son vote contre le projet n'était qu'une formalité.
Reste le cas de la député-maire de la 2ème circonscription, Huguette Bello qui, par son abstention au moment du vote hier, a réitéré ses craintes quant au futur projet de loi sur la PMA et la Gestation pour Autrui (GPA).
L'écueil de l'Assemblée nationale étant passé sans grande surprise, la parole est désormais au Sénat, Le débat débutera le 2 avril. L'adoption du texte n'y sera pas aussi aisée qu'à l'Assemblée. La gauche ne dispose que de 6 voix de majorité et si toutes ses composantes, communistes compris, sont unies pour approuver le mariage gay, des défections individuelles pourraient intervenir.


