Manifestation à Mayotte en mémoire des victimes de la traversée Anjouan Mayotte : dénonçons l’inacceptable !

A l'initiative d'un collectif d'associations et de syndicats de Mayotte (Cimade, Resfim, FSU, Sud Education, Gisti, Mrap, ...) est organisée ce 23 février à Mayotte, une manifestation "en mémoire aux victimes en mer" de la traversée Anjouan Mayotte : la LDH de La Réunion y apporte son entier soutien.
Les politiques migratoires menées à Mayotte, qui reposent sur la criminalisation des migrants, sont elles-mêmes meurtrières. Depuis la création en 1995 à Mayotte du "visa Balladur ", on estime en effet à plus de 10 000, le nombre de personnes qui auront perdu la vie dans ce bras de mer de 70 km, devenu le plus sinistre cimetière marin du monde !
Sur près de 200 000 habitants vivant dans la quatrième île de l'archipel des Comores, quelques de 26 405 personnes dont 6405 enfants ont été expulsés en 2010, soit près de 13% de la population de l'île ! L'île compterait également plus de 45 000 sans papiers. C'est ainsi près d'un quart de la population qui, victime de tous les actes de répression qu'autorise une situation de totale précarité, vit dans la crainte quotidienne des rafles et des expulsions sous forme de reconduites immédiates à la "frontière" (le temps moyen de rétention étant, selon la Préfecture, de moins d'un jour).
Devant ce constat accablant, résultat d'une véritable chasse aux migrants, les militants des droits de l’Homme tentent au quotidien d'enrayer la machine implacable. C'est dans cet esprit de résistance que diverses associations, des syndicats et des citoyens ont décidé d'organiser le 23 février prochain, une manifestation de mémoire et de protestation, la première depuis trois ans.
Alors que la CIMADE, association très reconnue dans l'hexagone, vient enfin d'être habilitée à agir dans les départements d'outre-mer pour assister les étrangers dans les centres de rétention administrative, la LDH dénonce le fait que Mayotte soit exclue de cette disposition et que le droit des étrangers ne puisse y recevoir que l'appui de bénévoles sans aucun moyen, alors que la situation y est plus cruciale qu'ailleurs !
La LDH de La Réunion témoigne sa solidarité à la section LDH de Mayotte et à tous les manifestants. Elle demande que la CIMADE soit sans délai habilitée à agir à Mayotte avec les moyens utiles et que soit d'urgence modifiée une politique migratoire qui tue ! Il y a urgence à faire cesser cette indignité !
Pour la section de la LDH de La Réunion,
Isnelle Gouljar
Présidente


