Malgré Belal, le recteur Pierre-François Mourier confiant pour la rentrée de lundi

Les établissements qui seront ouverts lundi :
« J'avais le préfet encore ce matin au téléphone, l'idée c'est qu'on souhaite permettre à tous les élèves de l'académie de prendre le chemin de leur établissement dès lundi comme prévu. L'enjeu, c'est de faire en sorte que tout soit remis en ordre, ou tout du moins à peu près en ordre, pour cet après-midi.
La vraie difficulté c'est l'eau, mais bien souvent c'est lié avec l'électricité, parce que lorsqu'il n'y a pas d'électricité, les pompes ne fonctionnent pas. Comme tout le monde, nous avons des plafonds gorgés d'eau, des toitures abîmées, mais pas de dégâts irrémédiables.
On fera une communication dimanche sur les établissements qui pourraient être fermés, parce que les équipes travailleront ce week-end pour rétablir l'eau et l'électricité. Les collectivités livreront des packs d'eau aux établissements si nécessaire. Je serai moi-même au JT de 19h dimanche soir et j'aurai l'occasion de faire un point sur la situation. »
Moins d'élèves mais plus de moyens :
« La démographie scolaire de La Réunion continue de baisser [218.120 élèves, collégiens et lycéens soit -0,4 % par rapport à 2023] et pourtant les moyens de l'académie ont été renforcés pour la rentrée 2024-2025 avec 55 emplois d'enseignants nouveaux en 1er degré et 45 emplois nouveaux pour le second degré. Je suis content, parce que notre plaidoyer pour cette rentrée a été entendu.
J'ai souhaité créer un service d'aide aux familles pour les situations liées au harcèlement, au mal-être des élèves. Ce service sera dédié au suivi en temps réel des saisines concernant le harcèlement scolaire. On a obtenu la création de deux emplois de catégorie A+ et ils auront à leur disposition des agents selon leurs spécialités, avec charge à eux d'animer et d'aider l'ensemble des services du rectorat.
Il y aura aussi la mise en place des groupes de niveaux en 6e et 5e à la rentrée 2024-2025. L'idée, ce n'est pas de classer les élèves par niveau, l'idée, c'est de répondre aux besoins des élèves, avec le renforcement des compétences fondamentales. Le groupe de niveau n'est pas une punition pour l'élève, on va lui donner plus d'heures dans un groupe plus réduit. Ce seront des enseignants qui assureront les cours. »
Evaluations en CP et cours d'empathie :
« Les évaluations à mi-parcours en CP auront lieu [du 29 janvier au 6 février 2024] pour prendre la mesure très tôt des difficultés des élèves, ça nous donnera une photographie de leur niveau.
L'expérimentation des cours d'empathie aura lieu à partir de janvier : la nouvelle ministre reprend cette réforme à son compte. Trois écoles de Saint-Paul sont volontaires pour l'expérimenter, avec le kit fourni par la direction générale des affaires scolaires. Plus on apprend à l'enfant à considérer les choses à la place de l'autre, moins on a de problèmes de harcèlement scolaire et plus on a une société apaisée. »
La tenue unique pour les élèves :
« L'autorité et la bienveillance non seulement ne sont pas incompatibles, mais doivent aller ensemble. L'idée c'est que tous les élèves soient sur un pied d'égalité, autant que possible.
Parmi les outils, il y a la tenue unique qui est l'un des moyens qu'on va expérimenter dans l'académie. Une seule tenue qui permettra de gommer toutes les différences sociales et les problèmes de signes ostensibles religieux. Au collège Amiral-Bouvet de Saint-Benoît, elle sera livrée aux élèves lundi et pour tout vous dire elle est jolie. Ça ne coûte pas un sou à la famille, c'est pris en charge par l'Etat et le Département.
Au niveau national, on irait vers une généralisation de la tenue unique en 2026. Pas mal d'autres établissements de l'île sont dans les starting-blocks. Ces décisions sont passées en conseil d'administration des établissements. Pour l'instant, il n'y a pas eu de réticence des parents. Les élèves ? Ce sont des ados, ils sont dans la réticence institutionnelle. »
Plus de revalorisation des notes du DNB et du bac :
« Je m'engage à mettre fin au correcteur académique qui est la possibilité pour le recteur de rehausser l'ensemble des notes du diplôme national du brevet (DNB) et du baccalauréat. On assume le fait que dès cette année, il y aura probablement une baisse des résultats. Cette année, ça n'aura pas d'incidence sur le passage de la 3ème à la seconde, mais la saison prochaine les élèves qui n'auront pas eu le DNB ne passeront plus en seconde, comme c'était le cas aujourd'hui.
Non seulement le redoublement n'est pas honteux, mais cela peut être une chance pour l'élève. Ce sera fait en dialogue avec les parents, même s'ils n'auront plus le dernier mot, c'est ça la nouveauté. Mais ce ne sera pas automatique. C'est déjà ce que font les chefs d'établissement et les enseignants en conseil de classe. »


