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Mal-logement: D'année en année, rien ne semble bouger à la Réunion

Ce matin, la Fondation Abbé Pierre à la Réunion a présenté son rapport annuel sur le mal-logement dans notre île. Plusieurs chiffres à retenir, le nombre de logements sociaux insuffisant et près de 70% de demandes d'hébergements d'urgence sans réponses. Un constat implacable sur l'état du mal-logement à la Réunion.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 25 février 2014 à 16H14

Le 19e rapport de la Fondation Abbé Pierre fait un triste constat du mal-logement à la Réunion. Réunis ce matin au Cinépalmes de Saint-Marie pour la présentation de leur rapport, les acteurs de la fondation dressent un bilan peu élogieux de la situation du logement dans notre île.

"Il faut faire beaucoup plus", lâche le directeur régional de la Fondation Abbé Pierre, Thierry Hergault. Comme en 2013, entre 22 et 25.000 demandes de logement sont restées sans réponse à la Réunion. Chiffre auquel il faut ajouter les demandes d'hébergement d'urgence, dont 70% restent en souffrance. "Sur 2.406 demandes (représentant 4.000 personnes environ), seulement 946 ont eu une place en hébergement", explique-il. Et encore, il s'agit d'hébergement dit d'urgence, loin d'un "véritable" logement, souligne Thierry Hergault.

La Réunion compte 155.000 allocataires des minima sociaux à laquelle il faut ajouter "une marginalisation grandissante de la population depuis trois ans", souligne le rapport de la fondation Abbé Pierre. Se pose alors la question d'une meilleure politique d'attribution et de construction des logements sociaux dans notre île.

"Il faut une véritable mobilisation des bailleurs sociaux et de l'Etat. Mais on doit également mobiliser le parc privé. Trop de propriétaires sont frileux à l'idée de louer un logement à une personne défavorisée", poursuit-il. D'où l'idée "d'intermédiation". Il s'agit pour une association de se porter garante à la place du locataire.

Des politiques peu ou pas concernés par cette situation

Quelques avancées ont été notées par la Fondation Abbé Pierre, notamment les maisons relais qui offrent une perspective de logement aux personnes les plus défavorisées. Une étape pour ces personnes avant de retrouver un logement pérenne. A noter également un projet de maison sur Saint-Joseph qui accueille plusieurs jeunes, sans limitation de durée, en recherche d'une nouvelle insertion au sein de la société.

Mais une nouvelle fois, les membres de la fondation Abbé Pierre ont interpellé les représentants des grands partis (PS, UMP, PCR, LPA et EELV), présents ce matin, à la veille du scrutin municipal face à la nécessité impérieuse de coordonner une action concertée en matière de politique de logement social. Dans cette optique, la fondation, en association avec la FNARS O.I, a "interrogé" officiellement la semaine dernière les candidats engagés dans la bataille électorale sur leur vision de l'habitat à la Réunion. "On a eu très peu de retour de la part des élus. Seulement un ou deux se sont montrés intéressés mais uniquement après les élections", conclut Thierry Hergault.

Déjà en avril dernier, le directeur régional de la fondation Abbé Pierre avait poussé un coup de gueule. "Je m'adresse aux acteurs du logement pour qu'ils trouvent des solutions. L'urgence est là et ce sera pire demain. Pour le moment tout le monde reste de son côté, alors qu'il faut avoir une démarche partenariale. Il faut mettre en place une politique de construction soutenue, durable et adaptée aux capacités réelles des ménages. C'est un impératif pour une amélioration progressive des conditions d'existence", avait-il expliqué.

Une demande qui ne semble toujours pas avoir encore trouvé son écho à la Réunion.

 

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