Ma terre d'île

MA TERRE D’ILE
Emeraude posée sur un écrin bleu.
Rubis vivant, d’un anneau fragile,
Comme l’oeil d’un tigre de feu.
Te conquérir n’est pas facile,
Ma terre d’Ile.
Rempart de granit aux champs de vagues.
Statue insolite de sanglantes batailles,
Tes lames étincellent comme des dagues
Au bal des géants qui ripaillent,
Ma terre d’Ile.
Ton sang d’argent emplit tes ravines,
Palpite au rythme de tes cascades.
Du peintre, il éclabousse la marine.
Du météore, il achève la cavalcade,
Ma terre d’Ile.
Ta chevelure de sucre, ondoie sous l’alizé,
Déesse alanguie d’un soir assoupi.
Un collier d’écume sublime ton cou irisé.
Sur ta gorge épicée, glisse une larme rougie,
Ma terre d’Ile.
Ton peuple multi, colore ton âme de rires,
Tes enfants enchantent les feux des boucans.
Tes vieux pleurent comme un sourire,
La poussière des chemins du temps lontan.
Ma terre d’Ile.
Perle noire d’une terre en colère,
Tu pares de mille jades, ta robe de bure,
Tu ceins ton front d’une couronne de nuages
Car ton cœur de mère, à chacun, murmure,
Me voilà, enfants, mon lait vous nourrit,
Gardez bien, chaque goutte, comme un paradis.
Fille de la Terre,
Mère de nos Pères,
Mater de nos douleurs,
Mater de nos joies,
Ma terre d’Ile.
Poésie primée en Juin 2013 au "Grand prix de poésie internationale francophone de l'enclave des Papes" à Valréas.


