Loi Duplomb adoptée : "la bataille de la santé environnementale doit s'amplifier"

Le parti politique Génération Ecologie compte ne pas baisser les bras malgré l'adoption, à l'Assemblée nationale, ce mardi 8 juillet, de la controversée Loi Duplomb visant à "lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur".
Le communiqué :
Génération Écologie dénonce l'adoption hier par une majorité de députés de la loi Duplomb qui autorise le retour du poison néonicotinoïdes, empêche l'interdiction des pesticides dangereux pour la santé humaine, libéralise l'agrandissement des élevages industriels, généralise la mal-adaptation au changement climatique et organise l'impunité des atteintes à l'environnement par la remise en cause des prérogatives de la police de l'environnement.
Nous saluons le vote des députées et députés de gauche de La Réunion qui, en conscience, voté contre cette loi. Le message a été entendu et compris dans l'opinion publique : les pesticides aggravent les risques de cancers et de maladies dégénératives, les pesticides tuent. La santé environnementale a donc fracturé presque tous les groupes politiques du centre et de droite à l'Assemblée nationale comme l'illustre le scrutin public. Ce vote illustre une concrétisation du nouveau clivage entre les Destructeurs d'une part et les Terriennes et Terriens qui défendent le vivant, confirmant l'analyse de Génération Écologie sur la restructuration des clivages politiques face à l'effondrement écologique.
Quant à l'agriculture réunionnaise, alors que plus de 400 exploitations agricoles ont disparu en 3 ans et que la filière canne est menacée de disparition, ce texte est un paravent sur l'absence de réponses apportées à la demande d'une sécurité des revenus et d'une lutte déterminée contre la concurrence déloyale. Pire, la loi Duplomb sape notre souveraineté alimentaire en organisant l'extinction massive des pollinisateurs indispensables à 75% des productions ainsi que des vers de terre, avec l'aggravation des contaminations des sols et de l'eau par les nitrates et les pesticides, et donc la perte de fertilité des terres.
Le coup de force anti-démocratique, avec le détournement de la motion de rejet le 26 mai dernier, a empêché le débat parlementaire sur la loi Duplomb. En accélérant le rythme de l'examen du texte, il a aussi eu pour effet de prendre de court la mobilisation de la société civile. Pourtant, il n'y a jamais eu autant de prises de positions scientifiques et médicales contre une loi sur les pesticides, 1000 médecins et scientifiques, des scientifiques et des patients, la Ligue nationale contre le cancer, 20 mutuelles...
Génération Écologie a fait campagne sur le terrain contre cette loi. Dans les actions et les distributions de tracts, nous avons constaté un fort soutien des citoyennes et citoyens et leur inquiétude pour la santé. Cela illustre un malaise profond face à l'empoisonnement alimentaire organisé par le lobby de l'agrochimie. Le combat contre la loi Duplomb n'est pas terminé. Les parlementaires vont saisir le Conseil constitutionnel. La société civile attaquera devant la justice administrative tous les décrets d'application de la loi. Surtout, nous devons amplifier les actions de mobilisation citoyenne pour construire un rapport de force plus favorable. Nous donnons rendez-vous à la rentrée pour mener la bataille de la santé environnementale en lien avec la société civile, les associations, les syndicats.
Organisons des débats sur la loi Duplomb et les alternatives pour une agriculture saine et résiliente. Echangeons sur la résilience des systèmes alimentaires territoriaux et le cas d'école du backlash anti-écologie que représente la loi Duplomb.
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