Logements insalubres, violences, précarité : l’opposition demande des réponses immédiates à la ministre

En séance plénière, les élus du groupe “Une Ambition pour le Département” ont interpellé la ministre Naïma Moutchou, attendue ce jeudi à La Réunion. Ils alertent sur trois réformes nationales jugées risquées pour le territoire et sur une crise du logement social qui ne cesse de s’aggraver.
La séance plénière du Département de La Réunion, ce mercredi 26 novembre, a été marquée par les interpellations appuyées du groupe d’opposition "Une Ambition pour le Département ". À la veille de l'arrivée dans l'île de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, les élus socialistes de Saint-Denis ont alerté sur plusieurs décisions nationales jugées déterminantes pour l’avenir social du territoire, ainsi que sur la crise persistante du logement.
Trois décisions nationales au cœur des inquiétudes
À travers deux motions adoptées à l’unanimité, le groupe pointe trois annonces récentes du Premier ministre : la nouvelle décentralisation, le fonds de sauvegarde des départements et l’allocation sociale unifiée.
Les élus préviennent que ces réformes pourraient avoir un impact direct sur les familles réunionnaises si des garanties ne sont pas apportées. Sur la décentralisation, ils s’opposent à tout transfert du médicosocial ou du bâti hospitalier "sans financements nouveaux, stables et garantis", estimant qu’un tel changement ferait peser "des charges inassumables" sur des services déjà fragilisés.
Concernant le fonds de sauvegarde, ils dénoncent un dispositif susceptible de devenir "un trompe-l’œil". Le doublement annoncé ne s’accompagnerait pas de critères clairs ni d’une pérennisation, ce qui pourrait placer La Réunion en situation défavorable dans les années à venir.
Enfin, le groupe estime que l’allocation sociale unifiée — fusion du RSA, des aides au logement et de la prime d’activité — pourrait entraîner une perte nette pour les foyers les plus modestes. Les élus réclament un moratoire pour La Réunion et la publication des simulations officielles.
SIDR : Gérard Françoise dénonce "une absence de réaction"
Au-delà de ces enjeux nationaux, la crise du logement social a créé de vives tensions en séance. Le conseiller départemental Gérard Françoise a regretté l’absence de débat sur ce sujet, malgré le dépôt d’une motion dédiée.
Le groupe rappelle que plus de 40.000 familles sont en attente d’un logement social et appelle à une gestion plus humaine des situations d’urgence : réunions CAPEX plus régulières, meilleur accompagnement des ménages, lutte contre la spéculation, et accès à la propriété réellement tourné vers les plus modestes.
Mais c’est surtout la situation de la SIDR qui a suscité la colère de l’élu. Le Département détient 43 % du capital du bailleur social, impliqué dans de nombreuses plaintes d’insalubrité. "Comment justifier une telle absence de réaction quand il s’agit de logements dits sociaux ?", interroge Gérard Françoise, évoquant "des familles vivant dans des logements en état d’insalubrité avancée", des ascenseurs en panne des semaines, des toitures infiltrées ou encore des résidences encombrées d’épaves.
Selon lui, les alertes sur les violences faites aux femmes, la protection de l’enfance ou le harcèlement scolaire n’ont pas davantage retenu l’attention de la majorité départementale.
Un appel direct à la ministre
À la veille de la visite de Naïma Moutchou, les élus du groupe appellent l’État à prendre ses responsabilités. Sans engagement clair sur la décentralisation, le fonds de sauvegarde et l’allocation sociale unifiée, "la situation sociale s’aggravera", préviennent-ils.
Gérard Françoise, lui, affirme qu’il poursuivra son travail d’alerte : "Je ne cesserai pas de porter ces voix. Nos sujets ne sont pas une option : ils relèvent d’un devoir de dignité humaine."
Le groupe "Une Ambition pour le Département" assure qu’il continuera à défendre ces enjeux auprès de la ministre durant sa visite dans l'île, convaincu que "La Réunion ne peut plus attendre".


