L'imam de la mosquée du Port mis en examen pour agressions sexuelles sur plusieurs fillettes

La mise en examen et le placement en détention provisoire ce mercredi de l'imam du Port font suite à plusieurs plaintes déposées début août par des fillettes qui auraient subi des attouchements sexuels. Les faits se seraient produits à différentes reprises lorsque les plaignantes suivaient les cours de l'école coranique dispensés par le mis en cause. Ce dernier interpellé il y a 48 heures et placé en garde à vue ne reconnait pas les faits qui lui sont reprochés. Des propos tenus lors de ses auditions, mais également devant le juge d'instruction désormais en charge du dossier.
Entre avril 2018 et décembre 2023, le religieux aurait eu des comportements déplacés envers au moins trois fillettes âgées de moins de 10 ans. Selon les premiers éléments, le directeur de la mosquée portoise aurait tenté de régler ça "en famille". Mais les plaignantes ne l'ont pas entendu de cette oreille. Elles auraient subi des baisers sur la bouche, des caresses sur la poitrine, y compris sous leurs vêtements, indique une source proche du dossier.
"Des câlins" évoqués en défense
"Des câlins", selon la défense de l'imam pour qui le juge d'instruction avait requis un placement sous contrôle judiciaire avec des restrictions. Une proposition que la défense a appuyée devant le juge des libertés et de la détention (JLD) chargé de statuer sur un éventuel placement en détention pour la suite des investigations à la demande du parquet de St-Denis. "Il peut aller s'installer chez des proches à St-André et rester éloigné du Port", a plaidé Me Nawal Beikrit.
Prêchant à St-Joseph avant de rejoindre la mosquée du Port, l'imam, né en 1979 à Mayotte, aurait été mis à pied ou renvoyé pour "une histoire avec une fille" qui pourrait ressembler à ce qu'on lui reproche aujourd'hui. Raison de plus pour éviter le risque de réitération ou de pression sur d'éventuelles autres victimes et d'écrouer le prédicateur. "Un risque de pressions évidentes", pour la JLD qui a décidé d'incarcérer l'imam du Port par ailleurs mis à pied à titre conservatoire.


