Les Sciences de l’Education réhabilitées : capitulation ou bluff du Président?
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
Le Président ne parle plus aujourd’hui de disparition des diplômes de Sciences de l’Education et de leur principal laboratoire de rattachement, le CIRCI. L’information remonte au 14 janvier 2010 suite à sa rencontre avec une délégation de la société civile composée de chefs d’entreprises, de responsables de formation professionnelle, de représentants de parents d’élèves… venue exprimer ses inquiétudes quant à la mort annoncée de diplômes bien identifiés et attendus dans le monde du travail.
Le Président aurait-il capitulé sous la pression de Valérie Pécresse dont la réponse à la question orale de la députée Huguette Bello à l’assemblée nationale a été on ne peut plus claire le 12 janvier dernier?
La question mérite d’être posée devant l’engagement pris par Mohamed Rochdi d’inviter la société civile à participer avec les enseignants à la refonte des maquettes des diplômes de Sciences de l’Education qui seront bien présents dans l’offre de formation de l’université de La Réunion en septembre prochain.
Il aura donc fallu attendre trois mois de mobilisation des étudiants et des enseignants de la filière, une intervention unanime des élus du département, la protestation de la société civile et enfin l’intervention de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche pour que le Président abandonne son projet de priver les réunionnais d’une formation qui, il est aujourd’hui prouvé, répond à une réelle et forte attente locale et régionale.
Cette triste affaire qui n’honore pas l’image de l’université et encore moins celle de son président montre s’il en était besoin que le débat démocratique et la concertation restent à inventer au sein d’une institution chargée de former l’élite de la nation.
Chacun se demande encore aujourd’hui comment se fait-il que le président n’ait jamais cherché à réunir la communauté universitaire, ni les responsables des laboratoires et diplômes notés C, dès l’annonce des premiers avis de l’AERES, pour prendre la décision la plus représentative des vœux et de la réalité des besoins du contexte spécifique du département?
Cette absence de concertation et la volte-face d’aujourd’hui constituent l’aveu que la disparition programmée de la filière Sciences de l’Education relevait bien d’une initiative personnelle du président qui, suivant les cas, a bénéficié de la complicité des experts dont l’indépendance et la neutralité font rire pour, ne pas en dire pire, dans toutes les universités de l’Hexagone (exemple du CIRCI) et, à d’autres moments, outrepassé les avis négatifs pour imposer ses choix (exemple de la Licence créole).
Tout montre pour reprendre le titre fort explicite d’un article paru dans ces colonnes que “lorsque le président veut, Rochdi peut”. Pour s’en convaincre il suffit de se poser la question : qui le Président a-t-il consulté pour prendre la décision d‘associer la société civile à la conception des maquettes d’enseignement?
Rendez-vous est donc pris aujourd’hui avec les représentants de la société civile pour encore mieux adapter les maquettes à la forte demande sociale à laquelle répondent cette filière et son laboratoire de rattachement.
L’attente est de rigueur. Depuis quinze jours aucune information ne filtre concernant l’avancement de ce dossier. Si la confiance semble de mise à l’exemple de la déclaration du professeur Latchoumanin (JIR du 21/01/10) qui se disait prêt à participer aux travaux de refonte des maquettes d’enseignement et des orientations du CIRCI à condition que soit confirmé le maintien de l’intitulé “Sciences de l’Education” pour les diplômes et le laboratoire, certains étudiants et enseignants restent sceptiques et pensent qu’il s’agit d’une manoeuvre de plus du Président qui gagne du temps à l’approche des régionales et qui trouvera demain de nouvelles raisons de se dédouaner des engagements pris aujourd’hui.
Bluff ou capitulation? Les jours qui viennent seront décisifs quant à l’avenir de la filière, du CIRCI et des 400 étudiants qui ont fait le choix des sciences de l’éducation.
L’observateur


