"Les populations sont au plus bas" : comment l’État compte durcir les règles face à l’effondrement des bichiques

Espèce emblématique des rivières réunionnaises et produit presque mythique dans les assiettes créoles, le bichique est aujourd’hui gravement menacé. L’État lance une consultation publique sur une nouvelle réglementation de la pêche, alors que les populations atteignent "leur plus bas niveau".
À La Réunion, le bichique n’est pas qu’un poisson. C’est une tradition, une économie, une mémoire familiale et parfois même une obsession culinaire. Mais aujourd’hui, les bichiques vont mal. Très mal même.
Dans un communiqué publié ce mardi 2 juin, les services de l’État annoncent le lancement d’une consultation publique autour d’un nouveau projet d’arrêté réglementant la pêche des bichiques en mer et dans les rivières réunionnaises. La consultation restera ouverte pendant 21 jours à l'adresse suivante : Consultation publique sur la pêche des bichiques.
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L’objectif est ainsi de tenter d’éviter l’effondrement définitif des populations.
Le bichique correspond en réalité aux alevins de deux espèces de cabots bouche-ronde : le "gros bichique" (Sicyopterus lagocephalus) et le "bichique fine" (Cotylopus acutipinnis), espèce endémique des Mascareignes.
Or selon les autorités, ces espèces sont désormais "gravement menacées", notamment le gros bichique, classé "en danger" sur la liste rouge de l’UICN.
Mieux structurer la pêche
Depuis plusieurs années, l’État et différents partenaires multiplient déjà les mesures de restauration de la continuité écologique des rivières, de lutte contre les pollutions, de l'encadrement des prélèvements ou encore de la lutte contre le braconnage.
Mais le bilan dressé en 2025 sur la réglementation actuelle reste préoccupant.
Si l’arrêté de 2021 a permis de mieux structurer la pêche, "les populations de cabots bouche ronde sont au plus bas" et leur reconstitution reste "fragile", reconnaissent les services de l’État. Autrement dit, malgré les règles déjà mises en place, les bichiques continuent de disparaître.
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Le sujet est particulièrement sensible à La Réunion. Parce que la pêche aux bichiques reste profondément ancrée dans la culture populaire réunionnaise, notamment autour des embouchures de rivières où les pêcheurs installent leurs fameuses vouves pendant la saison.
Mais cette pratique traditionnelle se heurte désormais à une réalité écologique qu'il n'est plus possible d'ignorer. A savoir la raréfaction des ressources, les pressions humaines croissantes, l'artificialisation des cours d’eau et le changement climatique.
Texte prévu en juillet
Le nouveau projet d’arrêté doit justement adapter les règles de pêche à cette situation devenue critique.
Les Réunionnais, pêcheurs ou non, sont invités à donner leur avis avant la finalisation du texte prévue en juillet, pour une entrée en vigueur à la prochaine saison de pêche fin août 2026.
Comment protéger une tradition sans la voir disparaître complètement ?


