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Les pêcheurs de bichiques appellent à l’aide

Ecrit par P.M. – le dimanche 18 mai 2025 à 06H32
Marceau Maillot demande des travaux dans le lit de la rivière du Mât qui a été modifié à la suite du passage de Garance.

Élu au conseil du comité des pêches où il représente les pêcheurs de bichiques professionnels, Marceau Maillot interpelle le préfet et les collectivités afin d’obtenir une aide et les autorisations pour effectuer des travaux dans les rivières et les canaux mis à mal par le cyclone Garance.

 À un peu plus de trois mois de la reprise de la pêche des bichiques - désormais autorisée uniquement de septembre à février inclus - le président de l’association A2PVB Pêche, Marceau Maillot, interpelle les collectivités et le représentant de l’État.

Pour illustrer le problème, le solide pêcheur professionnel nous donne rendez-vous à l’embouchure de la rivière du Mât et d’un canal bichique, côté Saint-André. Un canal qui devrait être en eau en cette période de l’année. Ce qui n’est pas le cas, à la différence, un peu plus loin, d’un canal côté Bras-Panon.

“Les canaux sont à sec”

La raison est à chercher quelques kilomètres en amont, au niveau de la rivière du Mât, dont une partie du lit est à sec du côté de Saint-André. “Ici, le cyclone a fait de gros dégâts, les rivières et les canaux sont secs”, alerte l’élu au comité des pêches. Garance est accusé d’avoir charrié d’immenses quantités de matériaux qui ont ensuite modifié le lit de la rivière et l’écoulement des eaux. “Les rivières sont à sec, ce n’est pas normal”, clame le Saint-Andréen. Les canaux ont également été obstrués par de grosses quantités de roches.

Un simple filet d'eau coule désormais vers l'embouchure de la rivière du Mât, côté saint-André.


S’il prend la défense de la soixantaine de pêcheurs de bichiques de la commune directement concernés, il prend la parole au nom de “tous les pêcheurs qui se retrouvent dans la même situation”, ailleurs dans l’île.

Il a envoyé un courrier au comité des pêches et à la DEAL pour que des visites de terrain soient organisées rapidement afin de délivrer des autorisations pour effectuer des travaux en rivière. Le travail étant jugé “colossal”, le recours à des engins est jugé nécessaire.

Le calendrier (toujours) dans le viseur

Nous demandons un soutien moral et financier pour réaliser ces travaux”, poursuit-il. Le soutien de l’État et des collectivités est demandé.
Les bichiques sont un patrimoine réunionnais, les pêcheurs sont obligés de travailler avec leurs mains mais c’est très difficile, nous avons besoin d’un soutien pour continuer à faire vivre cette tradition”, lance le pêcheur, bien connu dans l’Est.

Pour les pêcheurs de bichiques, le temps est compté : l’interdiction de pêcher prend fin le 1er septembre et ils espèrent une saison aussi bonne que l’année dernière avec une pêche sur toute l'île estimée à plus de 12 tonnes par le représentant des pêcheurs professionnels.

Il n’oublie pas au passage sa revendication concernant le nouveau calendrier de pêche. “L'arrêté de 2021 nous pose un énorme souci par rapport à la période de la nouvelle lune qui est primordiale pour la pêche des bichiques (...) Il faut trouver une solution favorable et définitive pour que notre activité puisse se dérouler sans problème, en relation avec le calendrier lunaire qui est indispensable à notre profession”, écrivait à ce sujet Marceau Maillot au préfet en février dernier. Le pêcheur défend une pêche d’octobre à fin mars mais aussi la poursuite de l’interdiction de pêcher durant la moitié de l’année.

Elle semble porter ses fruits.

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