Les policiers réunionnais de métropole se mobilisent pour revenir dans leur île

S'ils sont des centaines de policiers réunionnais en métropole, un noyau dur d'une vingtaine d'entre-eux s'est mobilisé au sein d'un collectif dénommé GPX 974 (Gardien de la Paix 974). Dimanche, ils se réuniront pour un pique-nique, au parc de Vincennes à Paris, afin de dénoncer les difficultés rencontrées par les policiers réunionnais qui souhaitent un retour dans leur île. Car à l'issu du concours de police, les nouvelles recrues sont mutées en métropole.
"Il n’y a pas de poste pour l’île de la Réunion en sortie d’école. Ce que l’on ne sait pas, c’est qu’on est parti pour 10 à 12 ans minimum, loin de son île. Après avoir fait toute sa vie à la Réunion, entouré de sa famille, dans son cocon, on se retrouve seul et pas accompagné"; explique l'un d'eux.
"Quitter son île, et faire 10.000 km pour trouver du travail n’est pas chose aisée lorsqu’on n’y est pas préparé psychologiquement et financièrement. On arrive dans une nouvelle atmosphère, une nouvelle ambiance, de nouvelles températures, de nouvelles mentalités. L’environnement n’est pas adapté à une personne qui a vécu toute sa jeunesse sur une île et surtout pour celui qui n’a pas de famille ou d’entourage proche sur place", enchérit-il. Du point de vue de ces policiers exilés, il est plus compliqué et plus onéreux de rentrer chez soi pendant les vacances alors qu'un métropolitain peut facilement retourner dans sa région d'origine grâce au train, même pour quelques jours.
Un système de mutation injuste ?
"Beaucoup de compatriotes vivent très mal cette distance avec leur famille", souligne de son côté Idriss. Selon lui, le système de mutation n'est pas juste et doit être revu. "Pour être muté à l’île de la Réunion, il faut compter 10 à 12 ans en métropole, avant d’espérer que son dossier arrive au-dessus de la pile. Aujourd’hui, un ancien sera muté avant celui qui demande à rentrer depuis des années. Il suffit qu'un métropolitain ait regardé une émission sur la Réunion et qu’il soit tombé sous le charme de notre île pour qu'un Réunionnais qui demande sa mutation depuis des années se fasse griller", s'insurge-t-il. Il faut dire que les arguments sont nombreux pour les policiers métropolitains qui se laisseraient facilement séduire à l'idée de finir leur carrière à la Réunion avec une meilleure rémunération que dans l'Hexagone.
Après Vincennes ce week-end, quelques policiers réunionnais, de passage dans l'île, se mobiliseront le dimanche 12 août devant les jardins de la préfecture. Ils espèrent obtenir des avancées quant à leurs revendications, d'autant qu'ils ont beaucoup entendu parlé de préférence régionale ces derniers temps à la Réunion...


