Revenir à la rubrique : Education

Les enseignants testent la semaine d'intégration pour lutter contre l'absentéisme

Le Recteur Mostafa Fourar est venu dévoiler, au Port, les grands axes de l'année scolaire 2011/2012. L'absentéisme et le décrochage scolaire sont plus que jamais la cible du Rectorat et des établissements. Une lutte que prend à sa mesure l'équipe pédagogique du lycée Léon de Lepervanche du Port qui est pilote en la matière.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 18 août 2011 à 14H09

 

Comment intéresser l'élève pour qu'il ne déserte pas les bancs du collège ou du lycée au bout de quelques semaines, mois ? Quelle approche choisir pour intégrer dans les meilleures conditions l'élève dans un parcours réussi ? La question est une récurrence du monde éducatif.

C'est pour lutter contre l'absentéisme et le décrochage scolaire que Mostafa Fourar est venu encourager les enseignants du lycée professionnel Léon de Lepervanche du Port ce matin. Il faut dire que les lycées professionnels, comme une mauvaise habitude, sont les plus concernés par ce phénomène de décrochage.

Pour sa onzième rentrée, Patrice Clain, enseignant en bac pro carrosserie, a concocté, avec ses collègues, un dispositif nouveau. "Pendant une semaine, le planning des élèves se décomposera à la fois en visites de professionnels, en présentations du cursus et des intervenants", explique-t-il. L'idée, derrière ce dispositif qui s'éloigne résolument de la simple journée de rentrée suivie immédiatement de la mise au travail, est d'instaurer un climat de confiance entre les jeunes et le personnel.

Les petits nouveaux de seconde sont les premiers concernés. Ils sont 20 à s'être inscrits en bac pro de carrosserie cette année au Port. En tout, quatre autres bacs professionnels carrosserie existent dans l'île.

Le choix de la formation  

"Sur les trois années de leur cursus, ils devront effectuer 22 semaines de stage", annonce Patrice Clain. Mais la grande différence réside dans le fait que les chefs d'entreprises qui accueilleront les jeunes seront amenés à les rencontrer bien en amont de leurs stages obligatoires.

Autre bon point qui devrait éviter le taux d'échec des élèves : la proportion importante de ces jeunes à avoir, dans leur entourage, des proches leur ayant transmis le goût de la réparation automobile. "Il y en a effectivement dont un parent est garagiste ou travaille dans le milieu", reconnaît l'enseignant. Un fait qui leur donne encore plus de courage à se mobiliser pour leur avenir professionnel.

Et si c'est encore nécessaire, Bertrand Monier, professeur principal en carrosserie, s'en remet à l'aspect positif que vient insuffler la féminisation de la filière. En seconde cette année, il y a deux filles qui tranchent avec l'univers masculin dévolu à la carrosserie. Elles auraient le don d'"entrainer positivement l'implication des garçons" qui veulent encore mieux faire que les filles et se remettent plus facilement en question, estiment les enseignants.

Peu d'emprise sur les décisions personnelles

Mais, malgré ce dispositif de pré-semaine de rentrée dont le lycée est pilote cette année, et le bâtiment neuf (moins de trois ans) de l'atelier mis à leur disposition, Patrice Clain évoque malgré tout un écrémage naturel motivé par des "décisions personnelles". Des décisions pour lesquelles le personnel pédagogique ne peut plus grand chose. Pourtant, en matière de passion de la carrosserie, les élèves ont de qui tenir. Patrice Clain était lui-même un élève de Lepervanche sorti de la promo 95.   

Dès le lundi 22 août prochain, la semaine de pré-rentrée mobilisera les 10 enseignants de la filière carrosserie-peinture du lycée de Lepervanche. Ils n'auront plus face à eux le Recteur de l'Académie mais pas moins de 140 "futurs" carrossiers, à n'en pas douter. En 2011, le taux de réussite au bac pro carrosserie affichait un flatteur 87%.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :