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"Les élus doivent refuser d’accorder des permis de construire pieds dans l’eau"

Le secrétaire régional Europe Ecologie Les Verts Réunion, Jean-Pierre Marchau, approuve l'initiative du collectif des riverains de l'Hermitage mais apporte un bémol. Le problème de fond demeurera tant que des permis de construire continueront d'être délivrés en dépit du bon sens. Le communiqué de Jean-Pierre Marchau :
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 12 novembre 2017 à 09H31

"L’initiative du collectif « Rend a nou la plage » exigeant le recul des établissements implantés sur la plage de l’Hermitage est une bonne chose. 

Le problème cependant ne se résume pas à une simple « privatisation » du littoral. La « restitution » de la plage à un usage public est nécessaire mais elle ne sera pas suffisante ; ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est le constat d'une disparition rapide des plages réunionnaises. 

Selon le BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières), 76 % des plages coralliennes situées entre Boucan Canot (Cap Champagne) et Saint-Leu (plage du cimetière) affichent une tendance érosive. 

Les Réunionnais se souviennent certainement de la belle plage des Roches Noires qui existait encore dans les années 60 avec une arrière-plage engazonnée. Elle a aujourd’hui disparu du fait du bétonnage et du développement du tourisme balnéaire. En décembre 2012, une forte houle a attaqué l’esplanade construite sur cette plage et provoqué son spectaculaire effondrement, mais a-t-elle pour autant provoqué  une prise de conscience ? 

 

« Ren a nou la plage » dit le collectif, mais comment « rendre » une plage qui est menacée de disparition ? Le problème ne concerne pas que l’Hermitage. Pourquoi par exemple, [la mairie de Saint-Pierre  a-t-elle autorisé il y a quatre ans, la construction à la Ravine Blanche, d’un hôtel 4 étoiles donnant directement sur la plage]urlblank:http://www.zinfos974.com/St-Pierre-Plage-en-danger-de-disparition_a76318.html  ? Fait significatif de ce modèle touristique insoucieux de l’environnement naturel, c’est un  hôtel qui fait partie du groupement hôtelier Exsel, gestionnaire entre autre du Coco Beach actuellement mis en cause à l’Hermitage. A Saint-Pierre, la plage qui était située en face de l’ex gendarmerie a d’ailleurs disparu depuis des années.

L’érosion du littoral est due en premier lieu aux grands travaux d’infrastructures d’aménagement (endiguement des ravines, construction de ports, de digues, aéroport et route-digue du littoral) qui ont  artificialisé et fragilisé le rivage modifiant les transferts sédimentaires côtiers, ce qui a comme conséquence une érosion qui affecte 50 % de l’ensemble du littoral. 

Au Port, la Pointe des Galets a subi une érosion  de 230 m en 50 ans et le même phénomène affecte le front de mer de Saint Benoît depuis la construction de la digue du Butor. C’est pourquoi, les élus et les services de l’Etat doivent aujourd’hui prendre leurs responsabilités, notamment dans le contexte du changement climatique et de l’élévation du niveau des océans qui rend l’avenir des plages réunionnaises de plus en plus incertain. 

La loi Littoral doit être respectée, les élus doivent refuser d’accorder des permis de construire à des établissements « pieds dans l’eau » et les pouvoirs publics doivent envisager une stratégie du repli de certaines  activités économiques. 

Nous devons  prendre conscience que nous sommes devant un choix : soit continuer  à donner la priorité à un mode de vie insouciant mais illusoire et destructeur, soit nous projeter dans l’avenir pour préserver pour les générations réunionnaises futures, ce patrimoine naturel inestimable qu’est le littoral de La Réunion."

 

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